Étonnez-moi Benoit fait son festival ! Au programme ce samedi :
- La rediffusion de l'entretien d'une grande figure disparue de la musique française, Maurice Baquet.
- Une rareté radiophonique à découvrir : Un peu, beaucoup, passionnément, émission d'opérette des années 1950. Musiques d'Hervé, Audran, Mathé, Pierné, Terrasse, avec notamment Denise Duval et Jean Giraudeau...
- Et en fin de programme, Benoit Duteurtre rendra hommage à Jean Françaix pour le centenaire de sa naissance, à travers les enregistrements de grands interprètes.
invités
MAURICE BAQUET
Maurice Baquet est né le 26 mai 1911 à Villefranche-sur-Saône et est mort le 8 juillet 2005 à Noisy-le-Grand. C’est un acteur de cinéma et de théâtre, ainsi qu'un musicien.
Ce virtuose du violoncelle, accompagné par la musique tout au long de sa vie, est un acteur de théâtre hors pair, mais aussi un excellent sportif.
Il tourne son premier long métrage en 1935 et continue jusqu'en 1998.
Ses premiers pas
Maurice Baquet se passionne pour la musique et suit des cours de violoncelle au conservatoire de Lyon, puis de Paris. Il remporte le premier prix de musique aux deux conservatoires. Il n'accèdera pas à l'orchestre de l'Opéra de Paris, mais ne quitte pas pour autant son violoncelle. Bien au contraire, l'instrument l'accompagnera tout au long de sa vie, et l'on se souvient du clin d'œil que lui autorisa Joseph Losey le temps d'une courte mais émouvante séquence dans "Monsieur Klein". Il met ainsi entre parenthèses sa carrière musicale pour se consacrer à la comédie.
Sa carrière
Intéressé par le monde du spectacle et du théâtre, au début des années 1930, Maurice Baquet côtoie Pierre et Jacques Prévert, Roger Blin et intègre le célèbre Groupe Octobre, (une troupe de théâtre d'Agitrop collectif de gauche, dont l'agitation et la propagande est proche du parti communiste). Avec cette troupe, il s'initie à la comédie en interprétant les grandes œuvres de la littérature française de Paul Eluard, en passant par Aragon.
En 1935, il tourne dans son premier film "Les beaux jours", avec le réalisateur Marc Allegret. On se souvient également de ses rôles mémorables dans les comédies de Marcel Aboulker, où il interprète deux pieds nickelés, Bibi fricotin dans "Les Aventures des Pieds Nickelés" en 1947, puis Ribouldingue dans "Le Trésor des Pieds Nickelés" en 1949. S'en suivra une filmographie de plus de 80 titres.
Présent dans l'opérette, il brille sur les planches dans "Andalousie" puis « Gipsy » de Francis Lopez. Il se produit également au cabaret, parfois accompagné aux claquettes par Jacqueline Figus, son épouse.
La filmographie de Maurice Baquet est riche et très éclectique : on peut le voir tourner dans des films comme "El sueno" de Andalucia en 1949, "Z" de Costas Gavras en 1969, ou encore dans "Têtes à claques" de Francis Perrin en 1982. Ami de Roger Frison-Roche, on le retrouve au générique de "Premier de cordée". Passionné de sport et d'alpinisme, il a également coréalisé un film en 1956 : "Etoile et tempête",récompensé par le Grand Prix du festival de Trente..
Il excelle dans le domaine sportif en participant à des compétitions de ski. Alpiniste hors pair, il réalise le 13 juillet 1956 avec Gaston Rébuffat, la première ascension de la face sud-est de l'aiguille du Midi à Chamonix, dont on peut voir des séquences dans "Entre terre et ciel".
En 1979 il nous offre un savoureux livre de souvenirs "On dirait du veau". Il était également l'ami de Robert Doisneau qui l'avait abondamment photographié.
Maurice Baquet a reçu de nombreux prix tout au long de sa carrière, notamment en 1988, où il remporte un Molière d'honneur. Il est également fait chevalier de la Légion d'honneur, chevalier des Arts et des Lettres, ainsi que Compagnon du devoir.
Un gymnase porte son nom depuis 1970 à Chelles (gymnase Maurice Baquet) et il est également le père des comédiens Sophie Anne et Grégory Baquet.
Le conservatoire municipal de la ville de Noisy-le-Grand, où il fut professeur pendant quelques années, porte son nom depuis 1997.
Maurice Baquet est décédé le 8 juillet 2005 à Noisy-le-Grand en Seine-Saint-Denis, il est inhumé au cimetière de Beauregard (Ain).
JEAN FRANÇAIX
Jean Françaix est né au Mans, le 23 mai 1912.
Ses dons musicaux exceptionnels peuvent se développer en toute liberté grâce à un entourage familial favorable (son père est directeur du Conservatoire du Mans et sa mère professeur de chant).
Ces dons sont si extraordinaires que son illustre professeur Nadia Boulanger, à qui on le confie pour sa formation musicale lorsqu'il a dix ans, écrit à sa mère: "Madame, je ne sais pas pourquoi nous perdons du temps à lui apprendre l'harmonie, il sait l'harmonie. Je ne sais pas comment, mais il la sait, il est né la sachant. Faisons du contrepoint". Cette même année, il écrit "Pour Jacqueline", œuvre dédiée à sa petite cousine et éditée deux ans plus tard par les éditions Sénart.
L'année suivante, en 1923, Maurice Ravel, en réponse à l'envoi d'un manuscrit, encourage l'enfant à continuer dans la voie qu'il a choisie et écrit notamment : "Parmi les dons de cet enfant, je remarque surtout le plus fécond que puisse posséder un artiste, celui de la curiosité".
A 18 ans, il obtient son premier prix de piano, premier nommé, au Conservatoire National Supérieur de Paris. Deux ans plus tard, il représente, avec Claude Delvincourt, la jeune école française au Festival International de Vienne, où l'on joue ses "Huit Bagatelles" qui remportent un triomphe.
Le succès de son "Concertino pour piano et orchestre", en 1932, sera suivi par beaucoup d'autres, et ses compositions seront dirigées par les plus grands chefs : Paul Paray, Hermann Cherchen, Pierre Monteux, Eugène Ormandy, Manuel Rosenthal, Herbert von Karayan, Antal Dorati, Pierre Dervaux, Seiji Ozawa, Georges Prêtre...
Il a écrit les musiques de seize ballets, montés par des chorégraphes de grande réputation, tels que Léonide Massine ("Scuola di ballo", par les Ballets Russes à Monte-Carlo en 1933), Serge Lifar ("Le Roi nu", à l'Opéra de Paris en 1935), Roland Petit ("Les Demoiselles de la nuit" , sur un livret de Jean Anouilh, à l'Opéra de Paris en 1948 et à la Scala de Milan), Georges Balanchine ("A la Françaix" en 1951, d'après sa "Sérénade", par le New-York City Ballet).
Les partitions de ces quatre ballets, ainsi que celle des "Malheurs de Sophie", ont été enregistrées, au début des années 2000, par l'Orchestre d'Ulster, dirigé par Thierry Fischer.
Son dernier ballet "Pierrot où les secrets de la nuit", d'après Michel Tournier, a été présenté en 1988 au Théâtre Régional de Salzbourg sous la direction de Jean-Philippe Rouchon.
Son œuvre majeure, "L'Apocalypse selon Saint Jean", pour chœurs, soli et orchestre, créée à Paris par Charles Munch en 1942, fut reprise à Berlin, à Londres et enfin en Italie, en 1961, dans la cathédrale de Montreale. Après quarante années d'interruption, cet oratorio fut à nouveau représenté en 1997 à Göttingen et à Linz avec l'Orchestre Symphonique de Göttingen conduit par Christian Simonis (avec le premier enregistrement sur CD).
Suivirent quatre nouvelles exécutions en deux ans, dont une en 1999 dans la cathédrale du Mans, inspiratrice de l'œuvre, soixante ans après sa date de composition (avec un enregistrement public par l'Orchestre Français d'Oratorio dirigé par Jean-Pierre Loré).
Les dernières représentations ont eu lieu à Munich en février 2004 avec l'Orchestre Symphonique et les Chœurs de la Radio Bavaroise dirigés par Marcello Viotti et à Stuttgart le 3 octobre 2010 avec le Staatsorchester de Stuttgart.
Il a composé cinq Opéras et Opéras Comiques, dont "La Main de Gloire", et "La Princesse de Clèves", qui ont été représentés en 1950 et en 1951 à Bordeaux, pour le premier, et en 1965 à Rouen, pour le second, sans avoir été repris depuis en France malgré un grand succès et une critique particulièrement élogieuse.
D'autres œuvres vocales restent à redécouvrir, dont le "Diable Boiteux", qui fut entièrement bissé lors de sa représentation au Carnegie Hall de New-York en 1950, "Trois Poèmes de Paul Valéry" et "L'Ode à la Gastronomie", toutes deux écrites pour chœur a cappella.
Sa musique de chambre (du duo au dixtuor, avec plus de cinquante pièces), est en revanche constamment jouée et enregistrée dans le monde (son "Trio à cordes", son "Quintette à vents No1", son "Petit Quatuor pour saxophones" ou son "Tema con variazioni" sont devenus des classiques du répertoire), de même que la plupart de ses concerti pour instruments solistes et orchestre (environ quarante pièces pour presque tous les instruments de l'orchestre), dont les plus connus sont "L'Horloge de Flore" (1959), pour hautbois et orchestre, et le "Concerto pour clarinette et orchestre" (1967).
Mais, signe des temps, c'est avec ses partitions de musique de films écrites pour Sacha Guitry (dont le célèbre "Si Versailles m'était conté"), que Jean Françaix obtint une certaine notoriété publique dans son pays.
Il meurt à Paris le 25 septembre 1997, à l'âge de 85 ans.
Jacques Françaix
programmation musicale
Gasté / Combelle Oui
Raymond Legrand et son orchestre [CHANSOPHONE 703212]
Chostakovitch Ballet suite n°2
Orchestre du Théatre du Bolchoï, direction Maxime Chostakovitch [MELODYIA 74321669812]
Emission Maurice Baquet
Bande non commercialisée [WF 2012052414]
Willemetz / Lopez / Vincy Andalousie
Gise Mey, Maurice Baquet Orchestre de Jacques-Henry Rys [Marianne mélodie 061712]
Lehar Paganini
Richard Tauber
L'Ecole des chastes
Edouard Bervily, Denise Duval, Jean Giraudeau [LR 1838]
Françaix Huit danses exotiques
Claude et Jean françaix [EROL 96006]
Dominique Plessis un peu, beaucoup, passionnément
Bande non commercialisée
Henri Salvador Mais non mais non
[EMI 520 8742]
Jaques Henry Rys, André Hornez Pampanilla
Doris Marnier, Maurice Baquet Choeurs et Orchestre Jacques-Henry Rys, direction Jacques-Henry Rys [Marianne Mélodie 9894148]
Lopez Paquito et Paquita ext. du Prince de Madrid
Eliane Varon, Maurice Baquet
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Étonnez-moi Benoit fait son festival tous les samedis de 11h à 12h30, pendant le mois de juillet.
Au programme la semaine prochaine :
- La rediffusion de l'entretien d'une grande figure de la musique française : Jacques Jansen.
- Une rareté radiophonique à découvrir : Un peu, beaucoup, passionnément, émission d'opérette des années 1950. Musiques d'Hervé, Audran, Mathé, Pierné, Terrasse, avec notamment Denise Duval et Jean Giraudeau…
- En fin de programme, Benoit Duteurtre rendra hommage à Jean Françaix pour le centenaire de sa naissance, à travers les enregistrements de grands interprètes.
prochaines émissions
> 25 mai - MÂROUF Savetier du Caire d'Henri Rabaud
> 1er juin - L'univers musical de Serge Lama En concert au Zénith d'Orléans - samedi 1er juin à 20h30
> 8 juin - Francis Poulenc et la musique populaire avec le musicologue Hervé Lacombe