Etonnez-moi Benoît

par Benoît Duteurtre

le samedi de 11h à 12h30

14 juillet 2012 11:00

Fêtez l'été avec Benoit Duteurtre et Jacques Jansen !

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Étonnez-moi Benoit fait son festival ! Au programme ce samedi :

- La rediffusion de l'entretien d'une grande figure disparue de la musique française, Jacques Jansen.

- Une rareté radiophonique à découvrir : Un peu, beaucoup, passionnément, émission d'opérette des années 1950. Musiques d'Hervé, Audran, Mathé, Pierné, Terrasse, avec notamment Denise Duval et Jean Giraudeau...

- Et en fin de programme, Benoit Duteurtre rendra hommage à Jean Françaix pour le centenaire de sa naissance, à travers les enregistrements de grands interprètes.


invités

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    JACQUES JANSEN

    Jacques Jansen (né Jacques Toupin à Paris le 22 novembre 1913 et mort le 13 mars 2002 dans la même ville) est un baryton martin français.
    Rares sont les chanteurs d'opéra à s'être totalement identifiés à un personnage : Jacques Jansen était Pelléas, un rôle qu'il a tenu pendant une quarantaine d'années à l'Opéra-comique et sur les plus grandes scènes du monde.

    De son vrai nom Jacques Toupin, il naît à Paris le 22 novembre 1913. Il étudie le violon et le violoncelle avant d'entrer au Conservatoire de Paris, où il reçoit une double formation de chanteur et de comédien : il fréquente les classes du baryton Charles Panzéra, de la mezzo-soprano Claire Croiza, de Raymond Rouleau et de Louis Jouvet. En 1937, il participe, à la Comédie des Champs-Élysées, aux créations de la comédie musicale La Poule noire, de Manuel Rosenthal, et de l'opéra Philippine, de Marcel Delannoy. En 1939, il est engagé à la Comédie-Française ; un an plus tard, il obtient un premier prix de chant. Il opte pour le chant, mais sa formation de comédien lui servira beaucoup dans le répertoire de l'opérette, où il excelle.

    En 1941, il débute dans le rôle-titre de « Pelléas et Mélisande » de Debussy au Grand Théâtre de Genève, sous la baguette d'Ernest Ansermet et il est au côté d'Irène Joachim dans le célèbre enregistrement réalisé cette même année sous la direction de Roger Désormière, et qui reste une version référence. Il enregistra le rôle la même année avec le chef d'orchestre Roger Désormière et la soprano Irène Joachim. Cet enregistrement est considéré comme une des références de cet opéra.

    Jansen enregistre à nouveau le même rôle mais sous la direction d'André Cluytens et Désiré-Émile Inghelbrecht. Aujourd'hui il est davantage connu dans ce rôle quoique qu'ayant aussi chanté l'opéra baroque « Les Indes galantes » de Jean-Philippe Rameau, l'opéra moderne Christophe Colomb de Darius Milhaud, l'opérette « La Veuve joyeuse » de Franz Lehár et des lieder.

    En effet, en 1942, il incarne le prince Danilo dans « La Veuve joyeuse » de Franz Lehár au théâtre Mogador, un rôle qu'il tiendra plus de mille cinq cents fois. A la Salle Favart, il participe aux premières locales de « Malvina » de Reynaldo Hahn en 1945, il a le rôle de Valérien et de Fragonard de Gabriel Pierné en 1946 (rôle-titre, auprès de Fanely Revoil, qui interprète La Guimard).

    Il chante également dans « Véronique » d'André Messager, « Ciboulette » de Reynaldo Hahn, « Les Caprices de Marianne » d’Henri Sauguet, « La Fille de Madame Angot » de Charles Lecocq, « Mârouf, savetier du Caire », d’Henri Rabaud (rôle-titre). Mais sa carrière est désormais indissociable de son rôle fétiche, Pelléas. Il le chante au Theater an der Wien de Vienne en 1946, au festival de Hollande en 1948.

    Avant d'être attaché à la troupe de l'opéra-comique, il multiplie les rôles d'opérette dont 1500 fois le personnage de Danilo dans La Veuve joyeuse, tout particulièrement au Théâtre Mogador.


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    JEAN FRANÇAIX

    Jean Françaix est né au Mans, le 23 mai 1912.
    Ses dons musicaux exceptionnels peuvent se développer en toute liberté grâce à un entourage familial favorable (son père est directeur du Conservatoire du Mans et sa mère professeur de chant).

    Ces dons sont si extraordinaires que son illustre professeur Nadia Boulanger, à qui on le confie pour sa formation musicale lorsqu'il a dix ans, écrit à sa mère: "Madame, je ne sais pas pourquoi nous perdons du temps à lui apprendre l'harmonie, il sait l'harmonie. Je ne sais pas comment, mais il la sait, il est né la sachant. Faisons du contrepoint". Cette même année, il écrit "Pour Jacqueline", œuvre dédiée à sa petite cousine et éditée deux ans plus tard par les éditions Sénart.

    L'année suivante, en 1923, Maurice Ravel, en réponse à l'envoi d'un manuscrit, encourage l'enfant à continuer dans la voie qu'il a choisie et écrit notamment : "Parmi les dons de cet enfant, je remarque surtout le plus fécond que puisse posséder un artiste, celui de la curiosité".

    A 18 ans, il obtient son premier prix de piano, premier nommé, au Conservatoire National Supérieur de Paris. Deux ans plus tard, il représente, avec Claude Delvincourt, la jeune école française au Festival International de Vienne, où l'on joue ses "Huit Bagatelles" qui remportent un triomphe.

    Le succès de son "Concertino pour piano et orchestre", en 1932, sera suivi par beaucoup d'autres, et ses compositions seront dirigées par les plus grands chefs : Paul Paray, Hermann Cherchen, Pierre Monteux, Eugène Ormandy, Manuel Rosenthal, Herbert von Karayan, Antal Dorati, Pierre Dervaux, Seiji Ozawa, Georges Prêtre...

    Il a écrit les musiques de seize ballets, montés par des chorégraphes de grande réputation, tels que Léonide Massine ("Scuola di ballo", par les Ballets Russes à Monte-Carlo en 1933), Serge Lifar ("Le Roi nu", à l'Opéra de Paris en 1935), Roland Petit ("Les Demoiselles de la nuit" , sur un livret de Jean Anouilh, à l'Opéra de Paris en 1948 et à la Scala de Milan), Georges Balanchine ("A la Françaix" en 1951, d'après sa "Sérénade", par le New-York City Ballet).

    Les partitions de ces quatre ballets, ainsi que celle des "Malheurs de Sophie", ont été enregistrées, au début des années 2000, par l'Orchestre d'Ulster, dirigé par Thierry Fischer.
    Son dernier ballet "Pierrot où les secrets de la nuit", d'après Michel Tournier, a été présenté en 1988 au Théâtre Régional de Salzbourg sous la direction de Jean-Philippe Rouchon.

    Son œuvre majeure, "L'Apocalypse selon Saint Jean", pour chœurs, soli et orchestre, créée à Paris par Charles Munch en 1942, fut reprise à Berlin, à Londres et enfin en Italie, en 1961, dans la cathédrale de Montreale. Après quarante années d'interruption, cet oratorio fut à nouveau représenté en 1997 à Göttingen et à Linz avec l'Orchestre Symphonique de Göttingen conduit par Christian Simonis (avec le premier enregistrement sur CD).

    Suivirent quatre nouvelles exécutions en deux ans, dont une en 1999 dans la cathédrale du Mans, inspiratrice de l'œuvre, soixante ans après sa date de composition (avec un enregistrement public par l'Orchestre Français d'Oratorio dirigé par Jean-Pierre Loré).

    Les dernières représentations ont eu lieu à Munich en février 2004 avec l'Orchestre Symphonique et les Chœurs de la Radio Bavaroise dirigés par Marcello Viotti et à Stuttgart le 3 octobre 2010 avec le Staatsorchester de Stuttgart.

    Il a composé cinq Opéras et Opéras Comiques, dont "La Main de Gloire", et "La Princesse de Clèves", qui ont été représentés en 1950 et en 1951 à Bordeaux, pour le premier, et en 1965 à Rouen, pour le second, sans avoir été repris depuis en France malgré un grand succès et une critique particulièrement élogieuse.

    D'autres œuvres vocales restent à redécouvrir, dont le "Diable Boiteux", qui fut entièrement bissé lors de sa représentation au Carnegie Hall de New-York en 1950, "Trois Poèmes de Paul Valéry" et "L'Ode à la Gastronomie", toutes deux écrites pour chœur a cappella.

    Sa musique de chambre (du duo au dixtuor, avec plus de cinquante pièces), est en revanche constamment jouée et enregistrée dans le monde (son "Trio à cordes", son "Quintette à vents No1", son "Petit Quatuor pour saxophones" ou son "Tema con variazioni" sont devenus des classiques du répertoire), de même que la plupart de ses concerti pour instruments solistes et orchestre (environ quarante pièces pour presque tous les instruments de l'orchestre), dont les plus connus sont "L'Horloge de Flore" (1959), pour hautbois et orchestre, et le "Concerto pour clarinette et orchestre" (1967).

    Mais, signe des temps, c'est avec ses partitions de musique de films écrites pour Sacha Guitry (dont le célèbre "Si Versailles m'était conté"), que Jean Françaix obtint une certaine notoriété publique dans son pays.

    Il meurt à Paris le 25 septembre 1997, à l'âge de 85 ans.

    Jacques Françaix



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Étonnez-moi Benoit fait son festival tous les samedis de 11h à 12h30, pendant le mois de juillet.

Au programme la semaine prochaine :

- La rediffusion de l'entretien d'une grande figure de la musique française, Liliane Berton.

- Une rareté radiophonique à découvrir : Un peu, beaucoup, passionnément, émission d'opérette des années 1950. Musiques d'Hervé, Audran, Mathé, Pierné, Terrasse, avec notamment Denise Duval et Jean Giraudeau…

- En fin de programme, Benoit Duteurtre rendra hommage à Jean Françaix pour le centenaire de sa naissance, à travers les enregistrements de grands interprètes.

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