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Les Greniers de la mémoire

par Karine Le Bail & Philippe Tétart

le samedi de 12h à 13h

à venir...

  • 13 février

    Jean GIONO (1/2)

    Après avoir côtoyé Raymond Queneau, dans cette série sur les écrivains nous partons vers la Provence de Jean Giono. Nous y installons nos Greniers deux semaines durant, pour entendre l’écrivain nous parler de ses passions musicales et de la place de la musique dans son écriture.


    De Jean Giono (1895-1970) on connaît la figure du poète. Nul n’ignore celle de l’écrivain – le père du Hussard sur le toit ou de la sublime Trilogie de Pan (soit Collines, Un de Beaumugnes et Regains). Une autre facette est moins connue : sa passion pour la musique, chevillée, intime, innervant jusqu’à sa prose. Une passion militante puisqu’au temps du Contadour, il s’essayait à éduquer les jeunes intellectuels et artistes qui venaient le visiter en Provence aussi bien à la littérature qu’à la musique. Il écrivait souvent en musique, posant sur son tourne disque l’un ou l’autre des 78 tours, des 33 tours qui formaient sa collection. « La musique m'aide à composer, disait-il. Entendez bien que je n'écoute pas pour composer ; mais l'architecture musicale inconsciemment me propose des architectures littéraires.» C’est pour cela aussi qu’il disait aimer le contrepoint, la fugue, la construction des concertos car il estimait que les problèmes se posent « à peu près » de la même manière en musique et en écriture. Dans ses écrits, dans ses journaux, ses carnets et dans sa correspondance, Jean Giono (qui fut membre du comité d'honneur du festival d'Aix-en-Provence) fait fréquemment intervenir la musique : comme dans la « Leçon d’harmonica » dans Jean Le Bleu. Il disait volontiers sa gourmandise de Bach, Rossini, Honegger, Stravinsky, Moussorgski, Mozart, Beethoven, Scarlatti … En 1957, dans un court texte publié dans Le Rotarien français, il écrivait encore : « Ecoutez maintenant quelques-unes de ces sonates de Scarlatti que j’aime le plus. J’y retourne comme on retourne aux romans de la Table ronde. Je m’enferme avec elles comme Don Quichotte s’enfermait dans sa bibliothèque. Je ne suis pas de ceux qui croient que nous avons tellement gagné à désenchanter le monde. Je m’efforce au contraire de l’enchanter le plus possible. Le monde matériel n’est pas le seul vrai. Celui qui surgit des sonates est valable au même titre que l’autre, puisque nos sens le perçoivent ». Une sorte de manifeste : Giono, plongeant dans la musique comme il s’immergeait dans l’écriture en se réservant un droit inaliénable à l’imagination, au rêve, au droit, vital répétait-il, à « l’invention » et à « l’évasion ».



    PROGRAMME:

    ARCHIVES INA

    Jean Giono
    Rencontre avec Jean Giono, prod. Jean Amrouche & Marguerite Taos-Amrouche (1953)

    Pierre Citron
    Un amateur d’âme ou Giono mélomane (1987)

    Extrait de Colline (Grasset, 1928), lu par Jean Chevrier
    Lecture du soir : « Colline », prod. Jacqueline Lenoir (1955)

    Extrait de Jean Le Bleu (Grasset, 1933), lu par Jean Amrouche
    ● Extrait de Le Serpent d’étoiles (Grasset,1932), lu par Jean Amrouche

    Rencontre avec Jean Giono, prod. Jean Amrouche & Marguerite Taos-Amrouche (1953)


    DISQUES


    Domenico SCARLATTI
    Sonate en mi majeur K 380 L 23
    Marcelle Meyer, piano
    Tahra 579-580

    Karl Maria von WEBER
    Oberon, ouverture
    Orchestre symphonique de la radio bavaroise, dir. Rafael Kubelik
    DGG 419038-2

    Domenico CIMAROSA
    Le Mariage secret
    Orchestre de chambre anglais, dir. Daniel Barenboïm
    DGG 437696-2

    Wolfgang Amadeus MOZART
    Concerto pour flûte et harpe, en ut majeur, K 299
    François-Julien Brun, flûte
    Lily Laskine, harpe
    Orchestre de chambre Fernand Oubradous, dir. Fernand Oubradous
    EMI, 5735922

    Sarah HOPKINS
    Le son du vent
    Sarah Hopkins, harpe éolienne
    NA 028

    Wolfgang Amadeus MOZART
    Fugue en sol mineur, KV 394
    Walter Gieseking, piano
    EMI 7636932

    Jean Sebastien BACH
    Concert Brangbourgeois n° 5 en ré majeur BWV 1050
    John Eliot Gardiner et les Solistes Baroques anglais
    Soli Deo Gloria 707



  • 20 février

    Jean GIONO (2/2)

    Nous remontons cette semaine dans les Greniers musicaux de Jean Giono. Une heure pour découvrir combien l’écrivain de Manosque était un fin mélomane et à quel point il considérait la musique comme une indispensable part de son inspiration.


    De Jean Giono (1895-1970) on connaît la figure du poète. Nul n’ignore celle de l’écrivain – le père du Hussard sur le toit ou de la sublime Trilogie de Pan (soit Collines, Un de Beaumugnes et Regains). Une autre facette est moins connue : sa passion pour la musique, chevillée, intime, innervant jusqu’à sa prose. Une passion militante puisqu’au temps du Contadour, il s’essayait à éduquer les jeunes intellectuels et artistes qui venaient le visiter en Provence aussi bien à la littérature qu’à la musique. Il écrivait souvent en musique, posant sur son tourne disque l’un ou l’autre des 78 tours, des 33 tours qui formaient sa collection. « La musique m'aide à composer, disait-il. Entendez bien que je n'écoute pas pour composer ; mais l'architecture musicale inconsciemment me propose des architectures littéraires.» C’est pour cela aussi qu’il disait aimer le contrepoint, la fugue, la construction des concertos car il estimait que les problèmes se posent « à peu près » de la même manière en musique et en écriture. Dans ses écrits, dans ses journaux, ses carnets et dans sa correspondance, Jean Giono (qui fut membre du comité d'honneur du festival d'Aix-en-Provence) fait fréquemment intervenir la musique : comme dans la « Leçon d’harmonica » dans Jean Le Bleu. Il disait volontiers sa gourmandise de Bach, Rossini, Honegger, Stravinsky, Moussorgski, Mozart, Beethoven, Scarlatti … En 1957, dans un court texte publié dans Le Rotarien français, il écrivait encore : « Ecoutez maintenant quelques-unes de ces sonates de Scarlatti que j’aime le plus. J’y retourne comme on retourne aux romans de la Table ronde. Je m’enferme avec elles comme Don Quichotte s’enfermait dans sa bibliothèque. Je ne suis pas de ceux qui croient que nous avons tellement gagné à désenchanter le monde. Je m’efforce au contraire de l’enchanter le plus possible. Le monde matériel n’est pas le seul vrai. Celui qui surgit des sonates est valable au même titre que l’autre, puisque nos sens le perçoivent ». Une sorte de manifeste : Giono, plongeant dans la musique comme il s’immergeait dans l’écriture en se réservant un droit inaliénable à l’imagination, au rêve, au droit, vital répétait-il, à « l’invention » et à « l’évasion ».




    PROGRAMME :



    ARCHIVES INA

    Extrait de Jean Le Bleu (Grasset, 1933) « La Leçon d’harmonica », lu par Jean Rougerie
    Jean Giono :du côté de Manosque, prod. Jean Carrière (1965)

    Jean Giono
    Rencontre avec Jean Giono, prod. Jean Amrouche & Marguerite Taos-Amrouche (1953)
    Jean Giono :du côté de Manosque, prod. Jean Carrière (1965)
    Tous les plaisirs du jour, prod. José Pivin (1961)

    Extrait de Jean Le Bleu (Grasset, 1933), lu par Jean Piat
    Soirée littéraire à la Comédie-Française, prod. Béatrix Dussane (1969)

    Pierre Citron
    Un amateur d’âme ou Giono mélomane, prod. Philippe Arnaud (1987)

    Extrait de Le Hussard sur le toit ( Gallimard, 1951)
    Adaptation radiophonique d’André Bourdil, avec Jeanne Moreau (Pauline)
    et Gérard Philippe (Angelo)
    Musique :Marc Vaubourgoin. Réalisation : René Wilmet (1953)

    Jean Chabot
    Jean Giono et la musique, prod. Hélène Pierrakos (1991)

    ARCHIVES MUSICALES

    L’Eau vive
    - Le Berger
    - Le Boucher
    Jean-Christophe Benoît, baryton
    ( Textes : Jean Giono/ Musique : Maurice Jaubert )
    Musique de chambre (1957)



    DISQUES


    Jean Sebastien BACH
    Cantate 147
    Choral « Jésus que ma joie demeure »
    Concentus Musicus de Vienne, dir.Nikolaus Harnoncourt
    Teldec 8.35654 242631-2

    Claudio MONTEVERDI
    Zefiro Torna
    Nadia Boulanger, piano
    Cascavelle VEL 3081/1

    Claudio MONTEVERDI
    Couronnement de Poppée, prologue
    English baroque soloists, dir. John Eliot Gardiner
    Fortuna, Anne Sofie von Otter
    La Virtu, Catherine Bott
    Amore, Marinella Pennicchi
    Archiv 447088-2

    Wolfgang Amadeus MOZART
    Les Noces de Figaro, ouverture
    Orchestre de Cleveland, dir. Georges Szell
    WHRA 6019

    Wolfgang Amadeus MOZART
    Cosi fan tutte
    Quintette de l’Acte I
    Elisabeth Schwarzkopf, Nan Merriman, Rolando Panerai, Leopold Simoneau
    Philharmonia Orchestra, dir. Herbert von Karajan
    EMI 769636-2

    Wolfgang Amadeus MOZART
    Don Giovanni
    « Le trio des masques »
    Philharmonia Orchestra, dir. Carlo Maria Giulini
    EMI 7472608

    Domenico SCARLATTI
    Sonate en la mineur K 175
    Marcelle Meyer, piano
    EMI 5680922



  • 27 février

    Louise de VILMORIN (1/2)

    Notre série “Les Mots de la musique” se poursuit et nous franchissons ce matin les portes du château de Verrières pour y rejoindre Louise de Vilmorin (1902-1969), poétesse dont la tournure d’esprit, la gaieté et la charme enthousiasmèrent nombre de ses contemporains. Et parmi eux quelques musiciens qui surent mettre ses mots en musique. Bonne écoute !

    C’est au sein d’une grande famille de savants et de botanistes que naît, aux premières heures du XXème siècle – le 4 avril 1902 – une enfant promise à un destin peu singulier : Louise de Vilmorin, femme de lettres dont la vie est digne d’un roman. Femme de légende, séductrice, faiseuse de bons mots qui ravirent la bonne société parisienne des années 1930-1950. Osons-le : une sorte de Sacha Guitry au féminin, avec des réparties du genre : « Je t’enlacerai, tu t’en lasseras » ; ou encore : « Je t’aimerai toujours, ce soir » – qu’elle lança tout à trac à l’un de ses amoureux nommé Orson Welles. Des amoureux nombreux : de « Saint Ex » au Comte de Pâli Pallfy – avec qui elle vécut plusieurs années dans les Carpates – en passant par Gaston Gallimard et André Malraux… Sans s’excuser de ce besoin d’amour, elle disait : « En amour, je n'aime que les commencements ».
    Mariant des accents de gouaille de la plus belle espèce, une franchise renversante et autocritique, à la culture et aux usages très grand bourgeois de son éducation, de son milieu – toute en affabilité –, Louise Vilmorin ne se lassa pas, en tout cas, de dérouter son monde, ses interlocuteurs et de les attirer à elle. Elle fut ainsi l’instigatrice du célèbre « Pot au feu » cher au Paris mondain des années 1950 ; soirée durant laquelle elle aimait à réunir ses invités au Château de Verrières, dans le Salon Bleu. On y croisa ainsi, pour ne parler que de ses invités français Jean Cocteau, Alain Cuny, René Clair, Georges Van Parys, Paul Meurisse, Bernard Buffet, Pierre Seghers…
    C’est que Louise de Vilmorin, au-delà de ses talents d’hôtesse, avait un vrai talent de femme de lettres, de poétesse. Des talents révélés grâce à l’amicale pression d’André Malraux qui, au début des années 1930 – trente ans avant de devenir son compagnon – présente son premier roman chez Gallimard, Saint-Unefois (publié en 1934). Un livre accueillit avec transport par Jean Cocteau et André Gide.
    D’autres ne s’y trompèrent pas, cette fois du côté de la partition. Francis Poulenc au premier chef, qui mit en musique « Le Garçon de liège », « Au-delà », « Il vole », « Fleurs »,
    « Fiançailles pour rire », etc. Mais encore Claude Arrieu, Georges Auric, Darius Milhaud ou, dans un autre style, Georges Van Parys, intime de la femme de lettres, qui mit en musique
    « Attendez le prochain bateau » pour Juliette Greco (1954), aussi interprétée par Cora Vaucaire. C’est cette dimension que nous privilégions puisqu’il sera question, cette semaine et la semaine prochaine, avant tout, de musique. Et nous nous laisserons guider par la voix de Louise de Vilmorin...


  • 6 mars

    Louise de VILMORIN (2/2)

    Nous poursuivons ce samedi notre dialogue musical avec Louise de Vilmorin (1902-1969), poétesse dont l’esprit, l’allégresse et la charme séduisirent nombre de ses contemporains. Parmi eux, quelques musiciens, Claude Arrieu, Francis Poulenc ou Georges Van Parys qui mirent ses mots en musique. Bon week-end !

    C’est au sein d’une grande famille de savants et de botanistes que naît, aux premières heures du XXème siècle – le 4 avril 1902 – une enfant promise à un destin peu singulier : Louise de Vilmorin, femme de lettres dont la vie est digne d’un roman. Femme de légende, séductrice, faiseuse de bons mots qui ravirent la bonne société parisienne des années 1930-1950. Osons-le : une sorte de Sacha Guitry au féminin, avec des réparties du genre : « Je t’enlacerai, tu t’en lasseras » ; ou encore : « Je t’aimerai toujours, ce soir » – qu’elle lança tout à trac à l’un de ses amoureux nommé Orson Welles. Des amoureux nombreux : de « Saint Ex » au Comte de Pâli Pallfy – avec qui elle vécut plusieurs années dans les Carpates – en passant par Gaston Gallimard et André Malraux… Sans s’excuser de ce besoin d’amour, elle disait : « En amour, je n'aime que les commencements ».
    Mariant des accents de gouaille de la plus belle espèce, une franchise renversante et autocritique, à la culture et aux usages très grand bourgeois de son éducation, de son milieu – toute en affabilité –, Louise Vilmorin ne se lassa pas, en tout cas, de dérouter son monde, ses interlocuteurs et de les attirer à elle. Elle fut ainsi l’instigatrice du célèbre « Pot au feu » cher au Paris mondain des années 1950 ; soirée durant laquelle elle aimait à réunir ses invités au Château de Verrières, dans le Salon Bleu. On y croisa ainsi, pour ne parler que de ses invités français Jean Cocteau, Alain Cuny, René Clair, Georges Van Parys, Paul Meurisse, Bernard Buffet, Pierre Seghers…
    C’est que Louise de Vilmorin, au-delà de ses talents d’hôtesse, avait un vrai talent de femme de lettres, de poétesse. Des talents révélés grâce à l’amicale pression d’André Malraux qui, au début des années 1930 – trente ans avant de devenir son compagnon – présente son premier roman chez Gallimard, Saint-Unefois (publié en 1934). Un livre accueillit avec transport par Jean Cocteau et André Gide.
    D’autres ne s’y trompèrent pas, cette fois du côté de la partition. Francis Poulenc au premier chef, qui mit en musique « Le Garçon de liège », « Au-delà », « Il vole », « Fleurs », « Fiançailles pour rire », etc. Mais encore Claude Arrieu, Georges Auric, Darius Milhaud ou, dans un autre style, Georges Van Parys, intime de la femme de lettres, qui mit en musique « Attendez le prochain bateau » pour Juliette Greco (1954), aussi interprétée par Cora Vaucaire. C’est cette dimension que nous privilégions puisqu’il sera question ce midi, avant tout, de musique. Et nous nous laisserons guider par la voix de Louise de Vilmorin...


  • 13 mars

    Au cabaret : Le Vieux Colombier

    Personne n’a oublié qu’à partir de 1948, le Club du Vieux Colombier a été un lieu important pour entendre les nouvelles pousses de la chanson française et le jazz made in France ou made in USA. On sait moins que le Théâtre du Vieux Colombier, vénérable institution ouverte en 1913, a une riche histoire musicale qui ne se résume pas à celle de sa cave... Une histoire éclectique que nous vous proposons aujourd’hui. Bonne écoute !

    En 1913, un manifeste sort dans la NRF, sous la plume de Jacques Copeau, dramaturge et homme de lettres. Sous le titre Un essai de rénovation dramatique, il appelle à ce que l’on rende au théâtre son « lustre et sa grandeur ». Appel à une profonde rénovation des formes, de l’esthétique théâtrale, pour privilégier les œuvres, les auteurs. Le tout à l’heure où Paris vibre aux audaces des Ballets Russes et où il lui semble qu’il faut divorcer, vite, avec les « lâchetés du théâtre mercantile »… L’histoire du Théâtre du Vieux Colombier s’ouvre ainsi, en octobre 1913, dans l’ancien Athénée-Saint-Germain, sous des auspices très militants.
    Depuis lors, cette salle située au 21 de la rue éponyme – classée monument historique en 1978 et rouverte dans des habits rénovés en 1993 – a influencé l’histoire du théâtre et a appuyé sa notoriété sur le talent de nombreux dramaturges, comédiens, directeurs de troupe, à commencer par les proches de Copeau dans les années 1910-1920, Louis Jouvet, Charles Dullin et Valentine Tessier.
    Mais elle a aussi abrité toute une histoire musicale riche, variée. En 1917, Jane Bathori prend même la direction du Vieux Colombier lorsque Copeau part pour les Etats-Unis avec la troupe de théâtre. Elle y organise de multiples concerts et y chante un grand nombre de mélodies. Le Théâtre accueille aussi et notamment le Groupe des Six. Dès les années 1930, puis après-guerre, la chanson française y a droit de cité : la scène accueille notamment Léo Ferré, Marcel Mouloudji.
    Enfin, bien sûr, il y a l’ouverture du Club du Vieux Colombier, en décembre 1948 (jusqu’en 1963). Une initiative de Paul Anet Badel (propriétaire du théâtre depuis 1943). Un succès immédiat. Comme Le Bar Vert, Le Lorientais, le Tabou, le Club Saint-Germain, le Blue Note, ce haut lieu des sous-sols germanopratins, animée par Janine Senneville, accueille Sydney Bechet, Moustache, Claude Luter, parfois Boris Vian et bien d’autres sous une pancarte rigolote clamant : « Les Musiciens acceptent les cigares ! » On voit aussi des chanteurs : Catherine Sauvage y fait ses débuts ; Charles Aznavour, Marcel Amont ou Jean Ferrat y chantent sans être encore bien connus… Un autre temps fort de cette histoire musicale, dont on a d’ailleurs une trace cinématographique au travers du long-métrage de Jacques Becker Rendez-vous de juillet (1949), tourné pour partie dans le club (avec Luter et Rex Stewart dans leurs propres rôles).
    Grâce aux archives de l’INA, nous partons donc visiter un siècle d’histoire musicale de ce haut lieu.



  • 20 mars

    Maurice JARRE