Les Greniers de la mémoire

par Karine Le Bail

le samedi de 18h à 19h

17 octobre 2009 17:30

Colette Magny

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« L’Ella Fitzgerald » de la chanson française… ou Colette Magny. D’elle, on ne se souvient guère que de Melocoton, succès de 1963. Pour le reste, cette chanteuse haute en couleur, curieuses d’explorations sonores et qui passa sa vie à chanter ses indignations, ses convictions, est trop méconnue. La faute, sans doute, à sa foi inébranlable dans un devoir de révolte que certaines oreilles trouvèrent sans doute dérangeante. C’est ce personnage singulier, inclassable, que Les Greniers vous invitent à découvrir grâce aux archives de l’INA. Bonne écoute !

Née à Paris en 1928, Colette Magny débute sa carrière à 36 ans, après avoir quitté son poste de secrétaire à l’OCDE. Passionnée de chant, et en cela héritière de sa mère – qui était chanteuse lyrique amateur – elle ne chante d’abord que pour ses amis, en s’accompagnant à la guitare. Des Amis qui peinent à la convaincre de sauter le pas. Mais elle finit par s’y essayer : au printemps en 1962 elle passe une audition à La Contrescarpe. Elle est aussitôt retenue. Le cabaret ne la reprend pas dans son programme de l’automne, mais les téléspectateurs la découvrent lors d’une apparition télévisée dans le « Petit Conservatoire de la Chanson » de Mireille, en décembre. S’ensuit une ascension rapide : elle est sur la scène de l’Olympia en 1963, où elle fait le lever de rideau, avec Pierre Vassiliu, du show de Claude François. La même année, Melocoton devient un tube. Mais elle préfère, comme depuis des années, reprendre, de sa voix puissante, les grands standards de la musique noire américaine. Tout au long de sa carrière elle soulignera d’ailleurs combien ce premier et unique succès populaire lui permis certes de faire carrière mais l’encombra bien souvent.
Après cette soudaine sortie dans la Lumière, retour à l’ombre du militantisme et de l’expérimentation musicale. Loin des médias qui la boudent, elle poursuit une carrière de chanteuse militante, écrivant en français les émotions, les peines et les indignations du quotidien qu’elle aime tant retrouver dans le blues. Son album de 1968 témoigne de cette facette ; elle y développe ses thèmes de prédilection : révolution, tiers-mondisme, soutien aux mouvements ouvriers, avec des titres comme Vietnam 67, A Saint-Nazaire, Les Gens de la moyenne. Elle met aussi des poèmes et des textes en musique : Verlaine, Rilke, Hugo, Artaud. Au cours des années 1970, elle goûte successivement à la musique contemporaine, au free jazz, au rock progressif, avant de revenir à une forme musicale plus traditionnelle avec l’album « Bluesy, bluesy. Chansons pour Titine » qui marque un retour sur soi (1983). Elle poursuit sa carrière, donnant de temps à autre des interviews qui nous permettent de la retrouver aussi entière qu’elle savait être, loin des projecteurs, mais avec un cœur d’éternelle humaniste, un rire sans pareil et une capacité d’indignation intacte. Sa marque en somme. « Dans la famille coup de poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère ! », disait Colette Magny, qui nous a quitté le 12 juin 1997.


PROGRAMME:



ARCHIVES INA

Atout Coeur (1986)
Au chat qui pouffe, prod. Joëlle Witold (1972)
L’arbre à chansons, prod. Jacques Pantalacci (1983)
Avants-premières, prod. J.Grunembaum, Pierre Grimblat & Luc Berimont (1965)
Almanach de la Quinzaine, prod. Emile Noël (1969)
Le Bon Plaisir, prod. Claude Guerre (1989)
Opus, prod. David Jisse (1988)

ARCHIVES MUSICALES INA

Colette Magny

Les gens de la moyenne
(Festival d’Avignon, 1969)

Les Tuileries
Heure Grave
(Jam Session, prod. Luc Bérimont 1965)

Nobody knows when you’re down and out
(Dimanche dans un fauteuil, prod. Jean Chouquet 1964)

Melocoton
Frankie & Johnny
(Olympia, 1963)

My man
(Festival d’Avignon, 1983)

DISQUES

Colette Magny



Viva Cuba
Frappe ton coeur
Coma CMPCD 06/SCA470

Vietnam 67
Coma CMP CD 074

Prison
LDX 274 776

Egarées
Coma CMP CD 09

Melocoton
Versailles 488602 2


 © DR


Références

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    Livre

    Sylvie Vadureau
    Colette Magny, citoyenne blues
    [Editions Mutine, 1996]
    Sylvie Vadureau, par touches successives, nous fait entrer dans l'univers créatif original de cette chanteuse hors norme qui a mis sa voix d'exception, son talent d'auteur-compositeur au service de ses révoltes, de sa soif de justice, de solidarité, de fraternité.Ce livre, attendu, permet de faire mieux connaissance avec une artiste d'une rare rigueur artistique et morale, d'une femme généreuse jusque dans ses colères redoutables, ses coups de gueule salvateurs qui cachent mal une sensibilité à fleur de cœur.

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    agenda

    Odja LIorca chante Colette Magny
    "Je suis un petit pachyderme de sexe féminin"
    Les poètes de Colette Magny

    -Mardi 20 octobre à 20 h 30
    A l'amphithéâtre de Pont de Claix (10 mn de Grenoble)
    Réservation : 04 76 99 83 77

    -vendredi 11 décembre 2009 à 18 h
    A la Fabrique, Dôle-Jura

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