Les lundis de la contemporaine

par Arnaud Merlin

le lundi de 20h à 22h25

1er octobre 2012 20:00

Gentilucci/Harvey/Staud par Les Cris de Paris (Festival ManiFeste)

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20h00 : LE CONCERT DU SOIR, par Arnaud Merlin

21h30 : LE MAGAZINE DE LA CONTEMPORAINE, par Arnaud Merlin avec les reportages de Pierre Rigaudière et l'interview "sur le vif" de Jean-Pierre Derrien

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Le concert du soir
Concert enregistré le 2 juin à la Grande Salle du Centre Georges Pompidou, dans le cadre du festival ManiFeste

Marta Gentilucci (née en 1973)
Da una crepa (2011-2012), pour soprano solo, soprano, alto, ténor,
2 barytons-basse, clarinette, percussions, violoncelle et électronique en temps réel
Les Cris de Paris
Amandine Trenc, soprano solo
Adèle Carlier, soprano
Marie-Paule Bonnemason, alto
Stephan Olry, ténor
Jean-Michel Durang, baryton-basse
Paul-Alexandre Dubois, baryton-basse
Alain Billard, clarinette
Gilles Durot, percussions
Eric-Maria Couturier, violoncelle
Geoffroy Jourdain, direction
Marta Gentilucci, réalisation informatique musicale Ircam
Encadrement pédagogique Ircam/Mikhail Malt

Jonathan Harvey (né en 1939)
Chant / Three Sketches
Eric-Maria Couturier, violoncelle

Johannes Maria Staud (né en 1974)
Le Voyage (2011-2012), monodrame pour un comédien, 2 sopranos, alto, ténor,
2 barytons-basse, trompette, percussions, accordéon,
violoncelle et électronique
Marcel Bozonnet, comédien
Les Cris de Paris
Amandine Trenc, soprano
Adèle Carlier, soprano
Marie-Paule Bonnemason, alto
Stephan Olry, ténor
Jean-Michel Durang, baryton-basse
Paul-Alexandre Dubois, baryton-basse
Laurent Bômont, trompette
Gilles Durot, percussions
Anthony Millet, accordéon
Eric-Maria Couturier, violoncelle
Geoffroy Jourdain, direction
Robin Meier, réalisation informatique musicale Ircam

Le 2 juin dernier, au Centre Pompidou, Geoffroy Jourdain dirigeait un ensemble quelque peu hétéroclite, avec quelques chanteurs de son ensemble Les Cris de Paris, et quelques solistes, pour certains issus de l’Ensemble Intercontemporain, dans un programme qui s’ouvrait avec la création d’une pièce écrite dans le cadre de la deuxième année du cursus de l’Ircam, par la compositrice italienne Marta Gentilucci.

Née en 1973, Marta Gentilucci a été l’élève de Marco Stroppa à Stuttgart et elle prépare aujourd’hui un doctorat de composition à Harvard aux Etats-Unis. L’œuvre que nous allons écouter est issue de sa rencontre avec le verbe poétique d’Elisa Biagini, une poésie qui 'creuse le quotidien, qui en dévoile le vide, le fragment, le fugace, l’insaisissable', selon l’expression de Jérémie Szpirglas. La compositrice est partie d’un texte de 2009, "Da una crepa", "D’entre les fissures".
Marta Gentilucci utilise aussi l’électronique, tel un microscope, pour mieux manipuler le son dans ses moindres détails.

Avant de retrouver un ensemble aussi conséquent pour la création de Johannes Maria Staud, le plateau de la grande salle du Centre Pompidou renouait avec un certain dépouillement pour une sorte de transition, menée par le violoncelliste Éric-Maria Couturier, qui avait choisi d’enchaîner deux partitions de Jonathan Harvey, compositeur anglais lui-même violoncelliste de formation.
Nous entendrons tout d’abord "Chant", une petite partition qui date des années 1992-1994, et qui évoque une forme d’incantation spirituelle : 'On peut l’entendre comme la voix d’un pope russe ou grec orthodoxe, résonnant dans un temple – avec quelques éclats lointains de cloches', explique Jonathan Harvey, qui insiste aussi sur la fraîcheur : 'Ce que je cherche, c’est une musique aussi fraîche qu’une improvisation, mais dont toutes les notes seraient pourtant à leur place'.
Eric-Maria Couturier enchaîne ensuite avec "Three Sketches", trois Esquisses également pour violoncelle seul qui datent de 1989, et dans lesquelles le compositeur a beaucoup travaillé sur le lyrisme, en jouant aussi sur un accord différent de certaines cordes selon les pièces.

C’est l’Ircam qui avait commandé la dernière pièce du programme, "Le Voyage", un monodrame composé par Johannes Maria Staud sur le poème de Baudelaire qui referme la deuxième édition des "Fleurs du Mal".
Le compositeur autrichien n’en est pas à son premier monodrame, mais ici il s’est intéressé à un texte en langue française, et un poème long, 'un poème univers', en quelque sorte, dont Johannes Maria Staud tient à ce que le texte soit toujours compréhensible, qu’il s’agisse de la voix du comédien sur scène, Marcel Bozonnet, ou de sa voix retraitée et diffusée par l’électronique… Les chanteurs qui entourent le comédien donnent quant à eux des bribes du texte de Baudelaire, comme l’ensemble instrumental d’une certaine manière.


Comblement de programme

Johannes Maria Staud (né en 1974)
A map is not the territory
I., II., III.

Klangforum Wien
Sylvain Cambreling, direction
Enr. 2002
Kairos 0012392KAI

illustration : Johannes Maria Staud et Jonathan Harvey  © Jean Radel


Billet

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    par Arnaud Merlin

    Cage's Satie
    Disparu voici vingt ans, en 1992, John Cage aurait eu cent ans cette année. L’anniversaire de sa naissance est ainsi prétexte à de nombreuses manifestations dans le monde, pas seulement dans le domaine de la musique. Car si le compositeur iconoclaste reste encore considéré comme un aimable bricoleur par une partie non négligeable de la communauté des bien-pensants de la contemporaine, il bénéficie d’une tout autre reconnaissance dans l’univers des plasticiens, qui estiment son œuvre pionnière en matière d’art contemporain.
    L’exposition qui vient de s’ouvrir au musée d’Art contemporain de Lyon sera peut-être un peu frustrante pour ceux qui voudraient y retrouver l’œuvre graphique de Cage, mais pour ce centenaire, il fallait diversifier les points de vue, comme l’explique avec le sourire la directrice de la Fondation Cage à New York, Laura Kuhn, qui préside à cette exposition lyonnaise avec le directeur du musée, Thierry Raspail.
    L’angle adopté à Lyon, le Satie de John Cage, est doublement pertinent : d’une part parce qu’il permet d’entrer plus avant dans la pensée du compositeur, dans cet amour du son - 'les sons n’ont pas de but, ils sont, tout simplement, ils vivent. La musique, c’est cette vie des sons, cette participation des sons à la vie, qui peut devenir, mais pas volontairement, une participation de la vie aux sons', disait Cage ; et d’autre part parce que la passion du compositeur américain pour Satie traverse toute son œuvre, depuis son premier voyage parisien jusqu’à ses dernières réalisations, notamment ce livre-objet-valise fascinant, "The First Meeting of the Satie Society", qui occupe la grande salle du deuxième étage du musée.
    Joliment aléatoire, l’installation de douze pièces de Cage inspirées par Satie à l’étage inférieur montre aussi combien, comme le disait Cage avec une contagieuse gourmandise, 'Satie est inépuisable, comme les champignons'.


    Illustration musicale

    John Cage (1912-1992) / Erik Satie (1866-1925)
    La Diva de l’Empire, et autres œuvres mixées
    Document de l’exposition "Satie’s Cage" au musée d’Art contemporain de Lyon
    CD hors commerce

    liens :
    @ Le MAC de Lyon

    illustration :
    John Cage, Los Angeles, 1987
    ©Sabine Mathes


Reportage

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    par Pierre Rigaudière

    Les dix ans de L'Instant donné
    À l’occasion de ses dix années d’existence, L’Instant Donné organise un concert consacré à la musique de Frédéric Pattar.
    Rémy Jannin, coordinateur de l’ensemble, et Maxime Echardour, percussionniste, dressent un bilan de cette aventure musicale et humaine.


    Illustrations musicales

    Frédéric Pattar
    Lierre, Outlyer
    (CD Césaré)
    Lierre, Snowdrift
    (Extraits enregistrés en concert le 4 juin 2012 au Café de la Danse à Paris)

    liens :
    @ L'Instant donné

    illustration :
    L'Instant donné
    ©Suzane Brun


Sur le vif

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    par Jean-Pierre Derrien

    Michèle Reverdy, compositrice
    Illustrations musicales

    Le Nom sur le bout de la langue
    Œuvre composée en 1992 sur un texte original de Pascal Quignard pour une comédienne et un orchestre de chambre
    Création le 18 avril 1993 à Hérouville Saint-Clair par Evelyne Guimmara et l'Ensemble instrumental de Basse Normandie, direction Dominique Debart
    (Enregistrement Radio-France)

    Le Roi du bois (trois extraits)
    Œuvre composée en 2012 pour quatuor à cordes pour dialoguer avec le texte de Pierre Michon
    Création prévue le 2 octobre 2012 par Jacques Bonnafé et le Quatuor Varèse dans une mise en scène de Sandrine Anglade au Théâtre 71 de Malakoff (du 2 au 13 octobre)
    Prise de son (au cours d'une répétition) Alexis Lazar
    (Document du compositeur)

    Which dreamed it ?
    Titre emprunté à Lewis Carroll (dernier chapitre de Through the Looking-Glass)
    OEuvre composée en 2009 pour deux pianos et deux percussions
    Créée à Berlin en février 2010 par l'Ensemble BerlinPianoPercussion
    (Enregistrement Radio Brême, mai 2010)

    liens :
    @ Le site de Michèle Reverdy

    illustration :
    Michèle Reverdy
    ©DR


Le coup de coeur d'Arnaud Merlin

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    par Arnaud Merlin

    Italia et festivals
    Une bonne nouvelle tout d’abord, la direction de la Musique de Radio France vient de recevoir le Prix Italia dans la catégorie "musique / radio" pour "La Nuit hallucinée", une partition de Sebastian Rivas sur des textes des "Illuminations" d'Arthur Rimbaud ; la pièce sera diffusée prochainement sur cette antenne.
    Du côté des concerts, je signale un nouvel échange Paris-Berlin qui se tient à l’Institut Goethe de Paris, demain mardi, avec l’ensemble 2e2m dans un programme Steen-Andersen, Fabien Lévy, Henze, Grisey et Adamek…
    Après-demain mercredi, à Paris à la Maison de la Poésie, ce sera la première du spectacle "Müller Machines", sur des textes de Heiner Müller ; Wilfried Wendling signe la mise en scène, la musique et la vidéo de ce spectacle où l’on trouve aussi le comédien Denis Lavant - c’est jusqu’au 28 octobre prochain.
    Jeudi prochain, au Centre Pompidou, concert tremplin de l’Ircam avec l’Ensemble Intercontemporain, avec des créations de jeunes compositeurs…
    Vendredi prochain, au Louvre, le Quatuor Navarra donnera en création mondiale le troisième quatuor de Michaël Levinas, entre deux quatuors de référence, Mozart et Debussy.
    Samedi prochain, pour la Nuit blanche, l’Ircam ouvre son espace de projection de 19h à 3h du matin avec des œuvres qui font se rencontrer compositeurs et vidéastes, tandis qu’au Collège des Bernardins, le pianiste Nicolas Horvath propose un marathon Phil Glass jusqu’à 2h du matin.
    Dimanche, le festival d’Ile-de-France propose "L’Odyssée" d’Oscar Strasnoy au Pavillon Baltard de Nogent, avec les ensembles Musicatreize, L’Itinéraire et Proxima Centauri.
    Lundi prochain, je rappelle le concert Jacques Lenot avec l’ensemble Multilatérale, Salle Adyar, square Rapp, dans le 7ème arrondissement de Paris.
    Enfin au chapitre des festivals, cette semaine voit la clôture de Musica à Strasbourg, avec un colloque consacré à Hans Zender, les ensembles Divertimento et Athelas Sinfonietta de Copenhague, un récital François-Frédéric Guy, un opéra comique de Wolfgang Mitterer en création française, et une soirée de clôture aux couleurs du Portugal.
    Autre festival, qui s’ouvre cette semaine, le festival de musique contemporaine de la Biennale de Venise, dirigé depuis cette année par le compositeur Ivan Fedele : je vous en dirai davantage lundi prochain puisque nous irons sur place le week-end prochain.
    Enfin, toujours dans les festivals, le Festival d’Automne à Paris invite le compositeur danois Hans Abrahamsen pour un concert monographique donné par l’Ensemble Recherche, à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille, vendredi prochain le 5 octobre…


    Illustration musicale

    Hans Abrahamsen (né en 1952)
    Schnee
    XI. Intermezzo 3, XII. Canon 5a (rectus), XIII. Canon 5b (inversus)

    Ensemble Recherche
    Enr. 2009
    Winter & Winter 910 159-2

    liens :
    @ Le site de Sebastian Rivas

    illustration :
    Sebastian Rivas
    ©DR


Le coup de coeur de Jean-Pierre Derrien

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    par Jean-Pierre Derrien

    Hans Zender à Musica
    Le Festival Musica se conclut par un focus sur le compositeur et chef d'orchestre allemand Hans Zender (1936) sous la houlette de Pierre Michel.

    Composer au-delà… La musique de Hans Zender
    Rencontre et Colloque
    Du 3 au 5 octobre
    Festival Musica
    (Musée d'Art moderne et contemporain, Librairie Kléber)

    Illustration musicale

    Hölderlin Lesen II
    Salome Kammer, voix
    Garth Knox, alto
    Montaigne 782094

    liens :
    @ Hans Zender à Musica
    @ Pour mieux connaître Hans Zender (article en anglais)

    illustration :
    Hans Zender
    ©DR