Chanteuse et musicologue, Katarina Livljanic est l’une des principales spécialistes de l’interprétation du plain-chant et de la musique liturgique du Haut Moyen Âge. Après des études au Conservatoire National à Zagreb en Croatie, elle s’installe en France où elle continue rmation approfondie, en chant et en musicologie médiévale. Docteur en musicologie et Maître de conférences en musique médiévale à l’Université de Sorbonne-Paris IV, elle y codirige le Master professionnel en interprétation de musique médiévale.
Katarina Livljanic est une des rares personnalités dans le domaine de la musique médiévale à être à la fois chanteuse et chercheuse. Directrice artistique de l’ensemble Dialogos qu’elle a fondé en 1997, ses projets les plus récents, nourris de ses recherches musicologiques, sont consacrés à la création de spectacles où le répertoire médiéval acquiert une nouvelle force à travers le prisme du théâtre musical. En tant que chanteuse soliste, Katarina Livljanic se produit également avec les ensembles Sequentia et Alla Francesca.
Elle a fondé le programme d’interprétation du plain-chant médiéval à l’Université de Limerick (Irlande) et a séjourné en tant qu’artiste en résidence à Harvard University aux Etats-Unis à plusieurs reprises (notamment en tant que Blodgett Distinguished Artist in Residence en 2011). Katarina Livljanic est régulièrement invitée par les universités internationales les plus renommées des Etats-Unis et du Canada pour des master-classes de chant médiéval et publie dans les revues spécialisées du monde entier. En 2002, elle était conseillère artistique invitée au Festival de musique ancienne à Utrecht. Elle a été Cornille Visiting Professor avec Benjamin Bagby au Wellesley College (2007) aux Etats Unis.
Hervé Billaut est un conteur de sons. Après avoir fait revivre l’Espagne envoûtante, sensuelle et mystérieuse d’Isaac Albéniz dans une intégrale remarquée d’Iberia, il a consacré son dernier enregistrement
à la musique de Gabriel Fauré dont il livre une lecture poétique et sensible saluée par la critique (4 étoiles du Monde de la Musique, 5 Diapasons, 9 de Classica…). A la Roque d’Anthéron où il est régulièrement invité, comme à Grenade, Paris, Toulouse ou lors de la « Folle Journée », le public l’a suivi avec enthousiasme dans ces voyages musicaux, dont la presse a rapporté des échos admiratifs.
Car être musicien, selon cet explorateur de partitions, c’est dépasser sa brillante technique pianistique pour créer un univers de sensations, d’impressions, de couleurs. Lui qui sait si bien transmettre cette exigence de concertiste, n’a pas tardé à devenir un pédagogue recherché au Conservatoire National de Région de Lyon, et au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris où il a enseigné pendant dix ans.
Mais le professeur est passé lui aussi par un rigoureux apprentissage : enfant doué, il étudie auprès de Germaine Mounier et Jean Hubeau à Paris, obtient à l’âge de seize ans les plus hautes récompenses du Conservatoire. En 1983, il remporte un Grand Prix au concours Marguerite Long, parmi de nombreuses distinctions dans d’importants concours internationaux (Viotti, 1981 ; Vercelli, 1982 ; Epinal, 1983 ; Pretoria, 1990 ; Tokyo, 1995).
Il fait alors le tour du monde, jouant dans les plus grandes métropoles au gré, notamment, des escales du porte-hélicoptères Jeanne d’Arc, sur lequel il effectue son service national. De ces voyages, il rapporte deux richesses essentielles : un répertoire magnifique, de Bach à Castérède, et une expérience de la scène acquise au contact des publics les plus divers. Mozart, Chopin, Schumann, Debussy, Ravel… il les a interprétés partout dans le monde, de la Salle Pleyel au Théâtre des Champs-Élysées en passant par le Teàtro Real de Madrid. Ainsi, cet artiste cosmopolite a assuré les créations nationales du Concerto pour la main gauche de Ravel et du Concerto « Jeunehomme » de Mozart en Equateur. Dernièrement, des tournées de concerts l’ont conduit en Amérique du Sud, en Chine, au Japon et en Corée.
Les relations artistiques qu’il a su nouer dévoilent une personnalité ouverte et généreuse : invité régulier de la Maison de la Radio, il participe fréquemment aux émissions de France Musique ; soliste de l’Orchestre National de France, de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ou de l’Orchestre Symphonique de Québec, il joue sous la direction de John Eliot Gardiner et Yehudi Menuhin ; chambriste fervent, il partage des moments complices avec les pianistes Frank Braley, Philippe Cassard et Cédric Tiberghien, le quatuor Debussy, les violonistes Stéphane Tran Ngoc et Naoko Ogihara, le trompettiste David Guerrier, les clarinettistes Michel Portal et Florent Héau, le flûtiste Jose Daniel Castellon, le corniste Jacques Deleplancque, ou François Castang comme récitant; éternel chercheur, il ne cesse d’approfondir sa réflexion musicale au contact de personnalités telles que Marie-Françoise Bucquet et Jorge Chaminé ou dans le cadre de la Fondation Kempff – Casa Orfeo à Positano ; directeur artistique des Rendez-Vous de Rochebonne, il propose chaque année une programmation originale autour de grands artistes ; musicien épris de danse, il collabore avec les chorégraphes Jean-Christophe Maillot, John Neumeier et Roland Petit en tant que soliste des Ballets de Monte-Carlo.
« La musique est une expérience qui permet de s’affranchir de la pesanteur » – Hervé Billaut aura fait sienne cette maxime de Leon Fleisher, qui rapporte avec fierté et humour : « L’un de mes anciens élèves pilote aussi des avions ! »
Sur scène, Hervé Billaut joue comme il est : il va droit à l’essentiel.
Julien Brun
Né à Buenos Aires, Jorge Lavelli est naturalisé français depuis 1977. Metteur en scène de théâtre et d’opéra, ses premières réalisations explorent le répertoire contemporain. Ainsi, il introduit en France le théâtre de Witold Gombrowicz, dirige les nouvelles pièces d'Arrabal, Copi, Obaldia, Handke, Fuentes, Pinter, Rezvani, Athayde et monte Panizza, O’Neill, Bulatovic, Boulgakov... sans délaisser les classiques tels Sénèque, Calderón, Corneille, Goethe, Tchekov, Claudel, Lorca et Shakespeare.
En 1969, il crée à Avignon une première forme de
« théâtre musical » avec Orden, de Pierre Bourgeade et Girolamo Arrigo et initie un autre pan de travail dédié à l’opéra. Sur les grandes scènes internationales, il mettra en scène des oeuvres de Ravel, Debussy, Bizet, Stravinsky, Bartók, Prokofiev, R. Strauss, Janácek, Von Einem, Sutermeister, Ohana, Nono, Liebermann, mais aussi Rameau (Dardanus), Charpentier (Les Arts florissants), Haendel (Alcina, Ariodante), Beethoven (Fidelio), Gounod (Faust, qui restera au répertoire de l'Opéra de Paris pendant 28 ans), Verdi (La Traviata), Puccini (Madame Butterfly), Bellini (Norma), Mozart (Idoménée, Les Noces de Figaro, La Flûte enchantée, L’Enlèvement au sérail)…
Directeur fondateur du Théâtre national de la Colline de 1987 à 1996, fidèle à son intérêt et à sa prédilection pour un théâtre vivant inscrit dans notre temps, il choisit de le consacrer à la découverte et à la création d’auteurs du XXe siècle.
Depuis, il continue tant au théâtre qu’à l’opéra. Ainsi, il crée l’opéra de Charles Chaynes Cecilia (Monte-Carlo, 2000), Siroe de Haendel (Venise, 2000, BAM New York