20 mai 2013 11:00

"Or de déclarer ici que c’est que Musique si elle est plus gouvernée de fureur que d’Art, de ses concens, de ses tons, modulations, voyx, intervalles, sons, systèmes et commutations : de sa division en enharmonique, laquelle pour sa difficulté ne fut jamais parfaitement en usage : en chromatique, laquelle pour sa lasciveté fut par les anciens banye des républiques, en diatonique, laquelle comme la plus approchante de la mélodie de ce grand unvivers fut de tous approuvée."
Pierre de Ronsard, 1572
1570, année charnière dans l’histoire de la musique. Circum 1570, c’est le thème d’aujourd’hui : nous allons nous plonger dans un contexte artistique tout à fait singulier qui voit le basculement d’une époque dans une autre, de la Renaissance au baroque, par le prisme d’une véritable parenthèse stylistique, objet musical assez peu identifié.
Je veux parler de cette période qui va de la Pléiade, de la brigade de Ronsard et Du Bellay à une autre brigade, celle de l’Académie de poésie et de musique de Baïf et Courville, sous la protection de Charles IX. La poésie se voit ainsi placée sous la lumière de la Grèce antique, et par ce biais-là, sous la lumière de la musique. L’union parfaite, hamonieuse de la poésie et de la musique comme projet de société : un projet d’une sagesse toute platonicienne, entre vers mesurés à l’antique, airs polyphoniques, psaumes protestants, airs de cour, chansons grivoises et spirituelles.
Pour nous accompagner dans cette année 1570, j’ai l’immense plaisir de recevoir l’ensemble Ludus Modalis.
Ludus Modalis
direction Bruno Boterf
Edwige Parat, cantus
Sophie Tousssaint, altus
Bruno Boterf, Vincent Bouchot, ténor
François Fauché, bassus
illustration : Mignonne, allons voir si la rose, le dernier enregistrement de Ludus Modalis (Ramée) © DR