12 décembre 2011 11:00
 "La musique est encore dans son enfance, une enfant précoce qui promet ce qu’elle ne manquera pas de tenir un jour en Angleterre quand ses maîtres recevront plus d’encouragement. Elle apprend actuellement l’italien et ne saurait avoir de meilleur maître, et un peu de l’allure française pour en recevoir plus de gaieté et un air à la mode. Ainsi, comme nous sommes plus éloignés du soleil, nous avons grandi plus lentement que nos pays voisins et devons nous satisfaire de nous dégrossir graduellement"
(Henry Purcell, Préface de ses Sonates en trio, 1683)
Un creux dans l’histoire. On ne sait pas bien quelle est la valeur de la poésie et de la musique en des temps où les confessions vont dans un sens puis dans l’autre, sans peur des mouvements contraires. Que vaut la poésie en mots ou en notes quand un pays est tiraillé et divisé de l’intérieur, quand ses habitants, hier complices, sombrent aujourd’hui dans la cruauté assassine, quand la noblesse devient la fossoyeuse des arts nés dans son giron ? Que vaut de réciter des vers ou de les chanter en ces temps où l’image même de la Muse mélancolique se dissout dans une crise qui, pour la première fois dans l’histoire, met les grands musiciens britanniques au chômage ?
On connaît John Dowland, on connaît Henry Purcell. Mais entre les deux, peu le connaissent et pourtant ce fut le compositeur de chansons le plus important de son époque, au milieu du XVIIème siècle, le seul à avoir connu trois règnes successifs. C’est le frère méconnu du grand William Lawes. Aujourd’hui, à l’honneur du Matin des musiciens : Henry Lawes.
La Rêveuse
Jeffrey Thompson, ténor
Florence Bolton, viole de gambe
Benjamin Perrot, théorbe illustration : La Rêveuse © DR
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