Open jazz

par Alex Dutilh

du lundi au vendredi de 18h02 à 19h

21 mai 2013 18:02

John Scofield

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Né le 26 décembre 1951 à Dayton (Ohio, Etats-Unis)

Guitariste majeur et très influent depuis plus de vingt ans dans le domaine du jazz, John Scofield incarne probablement plus qu’aucun autre, au travers d’une synthèse particulièrement aboutie et personnelle, l’étendue des styles que son instrument lui permet d’embrasser. De la sensibilité du blues à la sophistication harmonique du jazz, du plaisir du funk à la liberté de l’improvisation post-Coltrane, de l’énergie du rock aux virtuosités de la fusion, du swing de Wes Montgomery aux expérimentations électroniques, il couvre, dans un va-et-vient régulier entre l’acoustique et l’électrique, un très vaste champ de musique, avec sa guitare pour point de rayonnement et son immense bagage comme point de repère. Maîtrisant aussi bien effets et distorsions que les logiques chromatiques, John Scofield compte ainsi, comme Pat Metheny ou Bill Frisell, parmi ceux qui ont contribué à régénérer l’approche de la guitare par l’assimilation des innovations développées sur d’autres instruments dans le jazz et par l’intégration des spécificités apportées au leur par les courants de la musique populaire américaine qui lui sont postérieurs.

Découvrant la guitare à l’âge de douze ans, John Scofield s’intéresse très rapidement autant au blues – alors en plein renouveau – et à des musiciens comme Otis Rush et B.B. King qu’aux guitaristes de jazz comme Wes Montgomery et Jim Hall dont il admire l’aisance. Marqué également par Jimi Hendrix, il joue lycéen dans divers groupes de rock et de rhythm’n’blues avant de prendre le chemin de la Berklee School of Music où il est élève de 1970 à 1973. Il y fait la connaissance de Pat Metheny (il le remplacera dans le groupe de Gary Burton en 1977) et de Joe Lovano qui sera l’un de ses interlocuteurs privilégiés. L’un de ses professeurs, Alan Dawson, le recommande à Gerry Mulligan qui l’engage à l’occasion d’un concert de retrouvailles avec Chet Baker au Carnegie Hall de New York en novembre 1974. Mais c’est surtout en tant que membre d’un groupe phare du jazz-rock que Scofield se forge sa première expérience durable, au sein du Billy Cobham-George Duke Band (qui comprend les frères Brecker) avec lequel il tourne abondamment dans le circuit rock. Par la suite, installé à New York, il revient à des formes plus proches de la tradition du jazz, constituant un quartet avec le batteur Adam Nussbaum (1978) et un trio avec Steve Swallow (1979) avec lesquels il joue et enregistre en Europe. Il collabore également avec David Liebman avec lequel il approfondit sa compréhension de la démarche de John Coltrane. Scofield s’impose alors, aux côtés de Pat Metheny, John Abercrombie, Pat Martino et Allan Holdsworth, comme l’une des figures d’une génération de guitaristes virtuoses qui, avec des résultats différents, transpose à la guitare les apports du jazz modal et développe un jeu inspiré de celui des saxophonistes.

En 1982, sur la recommandation de son ami Mike Stern, il est engagé par Miles Davis qui désire intégrer un second guitariste à son groupe. Sur scène comme en studio, la contribution de John Scofield au come-back du trompettiste est décisive : à l’en croire, c’est au contact de son guitariste blanc que Miles Davis retrouve l’envie de renouer avec le blues. Trois ans plus tard, son goût pour le jazz funk amène Scofield à former un groupe avec Dennis Chambers (ancien batteur de Parliament Funkadelic) et le bassiste Gary Grainger et à signer une série d’albums très électriques devenus des références du genre (« Electric Outlet », « Still Warm », « Pick Hits Live », etc. pour le label Grammavision). Très sollicité, il participe à un nombre considérable de disques et de concerts allant du groupe Bass Desires du contrebassiste Marc Johnson (1985) à l’Orchestre national de jazz de François Jeanneau (1986).

A l’orée des années 1990, alors qu’il rejoint le label Blue Note, son parcours penche à nouveau du côté d’un jazz plus « straight-ahead ». Enregistré avec Charlie Haden et Jack DeJohnette, « Time On My Hands » marque ses retrouvailles avec Joe Lovano. Leur quartette avec le batteur Bill Stewart révèle l’influence des conceptions d’Ornette Coleman et donne l’occasion à John Scofield d’étaler ses talents d’improvisateur, qui le situent à l’égal de Bill Frisell et Pat Metheny – deux guitaristes auxquels il se confronte volontiers en studio. En 1992, il participe à « So Near, So Far », l’hommage remarqué de Joe Henderson à Miles Davis. Sa sonorité se défait de ses effets les plus typés (il abandonne le stereo chorus) et son jeu se distingue par sa capacité à associer un phrasé aux contours originaux avec un façonnement permanent et efficace du son grâce à un large panel d'effets qui ne semblent jamais gratuits.

L’attrait de Scofield pour les racines du jazz et sa rencontre avec l’organiste Larry Goldings l’amènent à renouer avec l’esprit des combos soul jazz de la fin des années 1960. Après un disque avec une figure du genre (Eddie Harris en 1994), ce penchant s'accentue avec l’enregistrement d’un album avec des rénovateurs du genre (le trio Medeski Martin and Wood) et la constitution d’un groupe de jeunes musiciens adeptes du funk et familiers des techniques issues des musiques électroniques et du hip-hop (« Bump », 1999) avec lequel il rencontre, aux Etats-Unis, un véritable succès public. La carrière du guitariste alterne ainsi désormais avec une fraîcheur intacte les phases d’exploration résolument tournées vers le groove et les ressources électriques de la guitare (en 2004, il invite ainsi le Norvégien Bugge Wesseltoft, figure de l’électro-jazz à la Cité de la musique) avec d’autres pendant lesquelles il semble se ressourcer auprès d’anciens et de nouvelles figures du jazz : Brad Mehldau et Billy Higgins en 2001 ; le all-star ScoLoHoFo en 2003 ; trio avec Steve Swallow et Bill Stewart ; hommage à Tony Williams… En 2005, il publie un album dédié à Ray Charles qui réaffirme son ancrage dans le blues et le rhythm’n’blues, rappelant que chez ce musicien au talent polymorphe et aux amours musicales multiples, l’abstraction peut céder la place sans ambages à l’expression la plus viscérale. (Source Vincent Bessières pour la Cité de la Musique)

illustration : John Scofield  © Nick Suttle


Milestones

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    par le collectionneur

    Lennie Tristano « Lennie Tristano », 1954-55

    Leonard Joseph alias « Lennie » Tristano est né le 19 mars 1919 à Chicago dans une famille modeste d’immigrés italiens. A 9 ans, il contracte la grippe espagnole qui lui fera perdre la vue. Sa mère lui enseigne très tôt le piano. Il apprend à jouer du saxophone, de la clarinette et du violoncelle dans un institut pour jeunes aveugles. Il dirige des orchestres scolaires et universitaires, intègre le American Conservatory of Music dont il sort avec un diplôme de piano et de composition, et suit également une formation à la Christiansen School of Popular Music de Chicago. Il finance ses études en se produisant avec des formations de dixieland et de mambo, et en jouant du piano solo dans des bars.

    Sa virtuosité proche de celle d’Art Tatum fascine entre autres le saxophoniste alto Lee Konitz et le guitariste Billy Bauer, avec lesquels Tristano travaillera souvent par la suite. Le bassiste Chubby Jackson fait venir le pianiste à New York, où ce dernier donnera des cours privés et enregistrera en 1946/47 quelques disques en solo et en trio. Ses concerts dans les clubs « Three Deuces » et « Birdland » lui valent non seulement les faveurs du public mais aussi celles des musiciens et des critiques. En 1947, la revue « Metronome » sacre Lennie Tristano « Musicien de l’année ». Celui-ci se taille en peu de temps une réputation de rénovateur du cool jazz et de pionnier du free jazz.

    La « lutte pour la musique pure » devient son cheval de bataille. Lester Young incarne pour lui l’idéal de la musique pure. Tristano est également marqué par les pianistes Earl Hines, Teddy Wilson et Bud Powell. Il déclare un jour : « Il faut s’imprégner de tous les grands musiciens, indépendamment de l’instrument dont ils jouent. Car ce ne sont pas les notes qui font le jazz, mais le feeling derrière tout ça ». L’improvisation en jazz est essentielle à ses yeux. Avec Lee Konitz, Tristano exerce pendant longtemps une influence sur des jazzmen même de l’autre côté de l’Atlantique, comme Albert et Emil Mangelsdorff, Jutta Hipp et Hans Koller.
    Lennie Tristano meurt le 8 novembre 1978 à New York. A titre posthume, la revue « down beat » l’admet dans le « Hall of Fame », le saint des saints du jazz.
    (H.-Werner Wunderlich pour www.arte.tv)

    L'album publié sur Atlantic, sobrement intitulé « Tristano », donne des versions définitives de quatre de ses compositions, deux en solo et deux en trio. Ce sont celles qui ont fait polémique à l'époque, pour le recours alors révolutionnaire au re-recording et encore plus étonnant à un procédé de ralentissement des pistes précédemment enregistré pour pouvoir poser par dessus une piste magistrale avant d'accélérer le tout pour atteindre une virtuosité inouïe! Arnaud Merlin s'était brillamment penché sur la question lors d'un Matin des musiciens de France Musique en compagnie de Benjamin Moussay.

    Les autres morceaux sont des standards enregistrés en live avec le Lee Konitz quartet dans un restaurant new-yorkais.

    Aujourd’hui, Line Up, enregistré à New York en 1954-55
    Lennie Tristano (piano)
    Peter Ind (contrebasse)
    Jeff Morton (batterie)


Time out

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    par le noctambule

    Concerts

    > Le jeudi 23 mai à 20h30 Rémy Gauche Quartet invite Stéphane Guillaume au Sunset-Sunside à Paris

    Rémy Gauche (guitare)
    Thomas Koenig (sax, flûte)
    Philippe Monge (contrebasse)
    Julien Augier (batterie)
    Stéphane Guillaume (sax)

    ************************************

    > Dans le cadre du Vésinet Jazz Métis Festival qui aura lieu du 21 au 25 mai 2013; Costel Nitescu Quartet ouvrira le festival ce soir, mardi 21 mai, à 21h

    Costel Nitescu (violon)
    Samy Daussat (guitare)
    Emy Dragoï (accordéon)
    Claudius Dupont (contrebasse)

    ************************************

    > Demain à 20h30 Circum Grand Orchestra à la salle de concert La Dynamo à Pantin.

    Sébastien Beaumont (guitare)
    Olivier Benoit (guitare)
    Julien Favreuille (saxophone et flûtes)
    Christophe Hache (composition, basse)
    Jean-Luc Landsweerdt (batterie)
    Nicolas Mahieux (contrebasse)
    Christophe "Pher" Motury (trompette,bugle)
    Peter Orins (batterie)
    Stefan Orins (piano)
    Christian Pruvost (trompette)
    Christophe Rocher (clarinette)
    Jean-Baptiste Perez (saxophone et flûtes)

    ************************************

    > Demain à 20h30 David Patrois Quintet au Studio de l'Ermitage à Paris

    David Patrois (vibraphone et marimba)
    Jean-Charles Richard (saxophone soprano et baryton)
    Luc Isenmann (batterie)
    Sébastien Llado (trombone)
    Pierre Durand (guitare)

    illustration :
    ©D.R./ D.R./Eric Flogny/Jean Yves Aubry


Culture jazz


Curiosité

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    par le chineur

    Ceramic Dog « Your Turn »

    > Sortie du disque « Your Turn » par le groupe Ceramic Dog.

    Marc Ribot (guitare)
    Shahzad Ismaily (basse)
    Ches Smith (batterie)

    Le guitariste Marc Ribot est un électron libre, une star de la scène new-yorkaise. Les projets et artistes auxquels il a été associé touchent à des genres aussi variés que le rock, le jazz, la musique cubaine ou la musique classique.

    Sa carrière est aussi singulière que réellement impressionnante : il fut membre des Lounge Lizards aux côtés de John Lurie, a été le guitariste de prédilection de Tom Waits, Elvis Costello, Marianne Faithful et Alain Bashung (ce dernier ayant régulièrement fait appel à lui en le qualifiant de "pointure", notamment pour l'album L'Imprudence). Il est aussi, excusez du peu, un camarde de jeu récurrent de John Zorn.

    Il va sans dire qu’il s’agit d’un evenement. Ribot nous vient avec le projet Ceramic Dog l’une des facettes les plus rock et écorchées de son éclectique répertoire. Il est souvent décrit comme "un power-trio surgi des ruines d'un monde en train de disparaître, dans les convulsions de celui qui naît ". Attendez-vous à être secoués !



    liens :
    @ Article du blog This beautiful downgrade sur le disque « Your Turn »


programmation musicale

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    18:04
    John Scofield, Avi Bortnick
    « Überjam Deux » Boogie Stupid

    John Scofield
    [Verve 589 356-2]

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    18:09
    John Scofield, Avi Bortnick
    « Überjam Deux » Al Green Song

    John Scofield
    [Verve 589 356-2]

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    18:16
    George Duke
    « Live, On Tour in Europe » Hip Pockets

    Billy Cobham, George Duke Band
    [Atlantic 18194]

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    18:24
    Rémy Gauche
    « Nature Urbaine » Chronique parisienne

    Rémy Gauche
    [Ben Art]

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    18:28
    Lennie Tristano
    « Tristano » Line Up

    Lennie Tristano
    [Atlantic 1224]

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    18:32
    Costel Nitescu
    « Forever Swing, Grappelli Forever » Blues for Ana-Maria

    Costel Nitescu
    [Chant du Monde 274 1544]

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    Olivier Benoit
    « Feldspath » Bytownite, part 1

    Circum Grand Orchestra
    [Circum-Disc 1301]

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    18:41
    Serge Gainsbourg
    « Live » La Javanaise

    David Patrois
    [Arts et Spectacles 120801]

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    18:47
    John Zorn
    « Tap » Tharsis

    Pat Metheny
    [Nonesuch 7559-79587-5]

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    18:54
    Paul Desmond
    « Your Turn » Take 5

    Ceramic Dog
    [Yellowbird 767522 773521]


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