Open jazz

par Alex Dutilh

du lundi au vendredi de 18h02 à 19h

10 avril 2012 18:00

Kate McGarry

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Elle a grandi dans une famille irlandaise du Massachusetts au milieu de dix frères et sœurs. Famille musicienne et chant en permanence à la maison… À l'université d'Amherst, elle a consacré ses études à la musique afro-américaine et au jazz. C'est là que sa rencontre avec Archie Shepp encouragea Kate McGarry à prendre confiance dans ses capacités d'improvisatrice. Explorant ensuite les musiques celte, brésilienne et indienne, elle a élargi son vocabulaire de compositrice et sa technique vocale.

Après un séjour à Los Angeles, Kate McGarry s'est installée à New York à la fin des années 90 et publia en 2003 un premier album, "Show Me", qui entama sa collaboration avec le label Palmetto. En 2009, "If Less Is More, Nothing Is Everything", son quatrième disque, valut une nomination aux Grammy à celle que le Wall Street Journal qualifie de "austère et élégante" et le New York Times de "lucide et sensible". Downbeat vient de la citer trois ans de suite parmi les "nouveaux talents".

En 2005, "Mercy Streets" empruntait aux répertoires de Peter Gabriel, Björk, Joni Mitchell ou Irving Berlin. En 2007, "The Target" allait chercher du côté de Sting, Bill Evans et dut considéré par downbeat comme l'un des meilleurs albums de jazz vocal de l'année, "un jalon dans sa maturité". La France a encore a la découvrir. Elle s'est déjà produite en Europe au Berlin Jazz Festival, à celui de San Sebastian Jazz et à Jazz Baltica.

Le cinquième album de Kate McGarry, "Girl Talk", sort aujourd'hui chez Palmetto (distribué en France par Codaex). La chanteuse y paie son tribut à celles qui l'ont influencée : Sarah Vaughan, Betty Carter, Anita O'Day, Shirley Horn, Nina Simone, Elis Regina, Sheila Jordan, Irene Kral et Abbey Lincoln.

illustration : Kate McGarry  © Matteo Trisolini


A la une


Milestones

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    par le collectionneur

    Billie Holiday, « The Commodore Master Takes »
    Le label Commodore fut créé en 1938 comme extension d’un magasin de disques de Manhattan. Il fut la première maison de disque américaine spécifiquement consacrée au jazz. Milt Gabler (qui fut parallèlement à la tête de Decca) en assura la direction jusqu’au milieu des années cinquante. En quatre séances (une en 1939, les autres au printemps 1944) Billie Holiday n’a enregistré que seize titres pour Commodore (quatre à chaque fois), mais il s’agit là d’un moment d’histoire. D’une part parce qu’y figure son chef d’œuvre le plus célèbre, Strange Fruit, d’autre part parce que sa voix était là au sommet de ses capacités expressives, enfin parce qu’elle y était entouré de ceux qui l’accompagnaient alors en club.

    Début 1939, Billie Holiday était encore sous contrat avec Columbia. John Hammond, qui avait tenté de la confier à Irving Mills, le manager d’Ellington ainsi qu’à Count Basie, commençait à douter de ses aptitudes à respecter les règles du music business. Il avait toutefois convaincu le tout nouveau Café Society de l’embaucher. Et c’est Barney Josephson le patron de ce club de Greenwich Village, homme de gauche engagé, qui proposa à Billie de chanter le très politique Strange Fruit (décrivant les corps pendus aux branches d’un arbre de Noirs victimes de lynchage dans le Sud des États-Unis). Une bombe dans une époque où l’euphémisme et le double sens étaient la règle, y compris dans le blues, et où les paroles n’étaient jamais aussi explicites.

    Dans le club, lorsque Billie la chantait, les lumières baissaient, le service s’interrompait, aucun bis n’était réclamé : sidération générale ! L’auteur, un instituteur nommé Abel Meeropol, avait même pris un pseudonyme, Lewis Allan. Dix ans plus tard, c’est lui qui adopterait les orphelins de Julius et Ethel Rosenberg… Columbia refusa d’enregistrer la chanson et libéra Billie pour la session de Commodore. Ce qui serait le vrai démarrage de sa carrière personnelle.

    La chanteuse allait ensuite reprendre le cours de son contrat avec Columbia (Vocalion et Okeh faisaient partie de la major) pour dix séances, entre juillet 1939 et février 1942. Après la célèbre grève des studios qui suivit, elle dut attendre le 25 mars 1944 pour graver quatre nouvelles chansons pour Commodore. Dans les quinze jours qui suivirent, les 1er et 8 avril, huit autres plages seraient gravées. Milt Gabler l’emmena ensuite se lover au milieu des cordes pour quelques années chez Decca : ce serait une seconde carrière.

    Aujourd’hui, Yesterdays, enregistré le 20 avril 1939.
    Billie Holiday (voix)
    Kenneth Hollon (sax ténor)
    Sonny White (piano)
    Jimmy McLin (guitare)
    John Williams (contrebasse)
    Eddie Dougherty (batterie)


Time out

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    par le noctambule

    Ce soir et demain en jazz

    > demain, Punkt au Centquatre à Paris dans le cadre du festival Banlieues Bleues

    * 20 h, Salle 400 : Etenesh Wassié: chant, Mathieu Sourisseau: guitare, Hamid Drake: batterie
    20 h 50. Alpha Room : Sidsel Endresen: chant, Jan Bang: électroniques, Erik Honoré: électroniques
    * 21 h40 Salle 400 : Evan Parker Sextet: Evan Parker: saxophone, Ikue Mori: laptop, Matt Wright: platines electroniques, Adam Linson: basse, Toma Gouband: percussions, Mark Nauseef: percussions
    * 22 h 30. Alpha Room Evan Parker: saxophones, Nils Petter Molvaer: trompette, Eivind Aarset: guitare, Jan Bang: électroniques, Erik Honoré: électroniques, Hamid Drake: batterie.
    ***********************************************
    > demain, Florence Grimal au Sunside à Paris pour la sortie de l'album "Sur les pas de Bill Evans"

    Nicolas Folmer (Arrangements, direction musicale et trompette)
    Florence Grimal (Chant)
    Joël Bouquet (Piano)
    Patrice Soler (Contrebasse)
    Eric Dervieu (Batterie)

    ***************************************************
    > demain, Radiation 10 au studio de l'Ermitage à Paris

    Aymeric Avice (trompette)
    Hugues Mayot (sax / clarinette)
    Fidel Fourneyron (trombone / tuba)
    Clément Janinet (violon)
    Benjamin Flament (vibraphone)
    Bruno Ruder (Fender Rhodes)
    Julien Desprez (guitare)
    Joachim Florent (contrebasse)
    Emmanuel Scarpa (batterie)
    *********************************************************
    > demain, Jean-Luc Ponty, Daniel Humair et Eddy Louiss au Théâtre du Châtelet à Paris.
    Jean-Luc Ponty était l'invité hier de Christophe Bourseiller dans Musique Matin

    1ère partie : Première mondiale de 4 œuvres de Jean-Luc Ponty pour orchestre symphonique, avec l'orchestre Pasdeloup

    2ème partie : Jean-Luc Ponty et ses invités : Stanley Clarke, Biréli Lagrène, Eddy Louiss, Daniel Humair

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    ©DR / DR / E. Lacaze / DR


Culture jazz

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    par l'insatiable

    Arab Jazz
    Plus redevable au "White Jazz" de James Ellroy qu'au jazz proprement dit, le premier roman de Karim Miské est un polar envoûtant qui parait aux éditions Viviane Hamy (coll. Chemins nocturnes).

    Dans le 19e arrondissement de Paris toutes les communautés, religieuses et ethniques, se côtoient au quotidien. Sushis casher, kebabs, restaurant turc – point de ralliement de tous les jeunes du coin –, librairie d’occasion farcie de romans policiers jusqu’au plafond, coiffeur juif…

    Seul Ahmed Taroudant – qui a l’horrible privilège de découvrir le corps sanguinolent de sa voisine et amie, Laura Vignola, suspendu au-dessus de son balcon – se tient à distance de cette population cosmopolite : prisonnier d’une histoire personnelle traumatisante, rêveur, lecteur fou de polars… Il constitue le coupable idéal de ce crime abominable.

    Sa découverte l’oblige à sortir de sa torpeur et à collaborer avec le duo de la Crim’ désigné par le commissaire Mercator pour mener l’enquête sur le meurtre : le flamboyant lieutenant Rachel Kupferstein et le torturé lieutenant Jean Hamelot, fils d’un Breton communiste rationaliste, quelque peu égaré dans la capitale. Ensemble, ils ont toutes les cartes pour décrypter les signes et symboles de cette mort ignoble. S’agit-il d’un meurtre symbolique exécuté par un fou de Dieu issu des communautés loubavitch ou salafiste ? Qu’en est-il de l’étrange famille de Laura, originaire de Niort, qui étend son influence jusqu’à New York ? Et de l’apparition dans le quartier du « Godzwill » une nouvelle drogue redoutable ?

    La collaboration des meilleures amies de la victime, Bintou et Aïcha (les sœurs des caïds du quartier), Rebecca – partie à Brooklyn dans l’intention d’épouser un Juif orthodoxe –, avec les lieutenants Kupferstein et Hamelot se révèlera indispensable pour reconstituer la toile d’araignée gigantesque qui, de Paris à New York, tire ses fils entre réseaux de trafics de drogue et communautés religieuses… Arab Jazz est pétri de sons, de musiques et de parfums. Avec une play-list où l'on retrouve Dinah Washington…


programmation musicale

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    18:04
    Rodgers, Hammerstein
    « Girl Talk » We Kiss In A Shadow

    Kate McGarry
    [Palmetto 2152]

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    18:11
    Caymmi, Motta
    « Girl Talk » O Cantador

    Kate McGarry
    [Palmetto 2152]

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    18:17
    Stept, Tobias, Brown
    « The Band and I » Comes Love

    Irene Kral
    [Capitol]

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    18:20
    R. Charles, A. Gregory, H. Giraud, P. Leroyer
    « Light Out of Darkness » The Sun Died

    Shirley Horn
    [Verve 519 703-2]

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    18:28
    J. Kern, O. Harbach
    « The Commodore Master Takes » Yesterdays

    Billie Holiday
    [Commodore]

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    18:35
    Jon Eberson
    « Exile » Quest

    Sidsel Endresen
    [ECM 1524]

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    18:42
    Bill Evans
    « Sur les pas de Bill Evans » Funkallero

    Florence Grimal
    [Cristal 192]

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    18:47
    Aymeric Avice
    « Radiation 10 » Jeu de paumé

    Radiation 10
    [Coax 004]

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    18:51
    G. Gershwin
    « Volume 1 » Summertime

    Humair, Louiss, Ponty
    [Dreyfus 36509-9]

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    18:55
    S. Cahn, J. Styne
    « It’s Magic » It’s Magic

    Dinah Washington
    [Mercury 842 826-2]


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    2 commentaires | page 1/1

    armelderollez
    10/04/2012 - 18h32

    Bonjour à tous,
    A l'écoute du premier morceau proposé ce soir (kate McGarry) on se dit qu' Alex Duthil trouve décidément que la soupe est bonne. Le deuxième morceau est encore plus catastrophique (y en a un des deux qui sirupe encore plus faux que l'autre!). On l'aime beaucoup Alex Duthil, et on sent confusément qu'il a dû être depuis un certain temps invité à ratisser plus large, sous peine d'éviction (c'est arrivé à d'autres sur cette chaîne, pour cause d ' " élitisme " ). C'est que la concurrence est rude ! Alors, si c'est le prix à payer pour être sûr de retrouver Alex Duthil chaque soir, soit ! Mais il faudra tout de même maintenir une proportion décente de choses écoutables ( ah ben tiens, Shirley Horn, par exemple: quel abïme entre ça et le début calamiteux!), sous peine de voir le rendez-vous raté pour la raison inverse: la désertion de l'auditeur ! Ah, Billie Holiday maintenant ! Bon, je crois qu'on a compris le principe.
    Fidèlement

    [France Musique] C'est infiniment plus simple : la chance de travailler sur le service public, et France Musique en particulier, c'est qu'il n'y a strictement aucune pression ! La raison de Kate McGarry, c'est que j'adore sa façon de chanter, qu'elle est sur un label qui a très peu de visibilité en France (distribué par Codaex tout de même) et que je considère important de la faire connaitre, comme quand j'ai passé Gregory Porter en juin 2010 quand personne ne le connaissait. Ratisser large, c'est un compliment, j'aime bien avoir l'esprit large. Sidsel Endresen et Billie Holiday, Radiation 10 et Dinah Washington, pour moi ce sont, comme avec Kate McGarry des émotions que j'essaie de partager. Demain, Jérôme Sabbagh ratiisera plus étroit, mais il y aura aussi Joe Henderson… En tout cas, ravi de ne pas vous laisser indifférent. Écoutons et débattons large, la vie n'en sera sera que plus excitante ;-)

    dyke42
    11/04/2012 - 20h50

    Moi aussi j'aime bien Alex Duthil et d'autant plus qu'il me fait écouter ce que je n'aurais jamais la possibilité d'entendre ailleurs. Même ce que je n'aime pas m’intéresse et ce que je découvre me remplit de gratitude Il est libre Alex.


    Les propos publiés ici n'engagent que leurs auteurs.



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agenda

Aujourd'hui, 10 exemplaires à gagner du CD "Girl Talk" de Kate McGarry qui paraît chez Palmetto.

Pour jouer, répondez à la question posée en ouverture d'émission. Pour cela, il vous faut cliquer ICI (ou en haut de cette page sur l'onglet "contact"), EN INDIQUANT VOS NOM ET ADRESSE, ce qui nous sera indispensable pour vous expédier le CD si vous êtes parmi les lauréats du jour.

10 CD à gagner pour les 10 premières bonnes réponses. Bonne chance !

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Aujourd'hui, 5 invitations pour 2 personnes à gagner pour le concert de clôture du festival Banlieues Bleues le vendredi 13 à 20h30 :
John Zorn's Book of Angels

Envoyez-nous un mail en cliquant sur l'onglet contact de la page Open Jazz, en précisant "John Zorn" et en laissant surtout votre nom afin que nous puissions vous noter sur la liste des invités. Un mail de confirmation vous sera envoyé avec les modalités de retrait des invitations.
Bonne chance !

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