20 février 2012 13:40

« En honnête homme et devant Dieu, Wolfgang est le plus grand compositeur que je connaisse… » Joseph Haydn
Deuxième semaine de Du côté de chez Pierre où Pierre Charvet explore le grand personnage qu’est Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), grâce à l’ouvrage de Geneviève Geffray paru récemment chez Flammarion : Mozart, Correspondance complète.
Aujourd’hui, Pierre Charvet aborde un épisode légendaire de sa vie, qui a contribué à forger le mythe du Mozart surnaturel, et ceci est avéré par la correspondance du père Wolfgang, Léopold Mozart.
Au centre de cette affaire, une œuvre vocale, le Miserere de Gregorio Allegri composé autour de 1630 pour les cérémonies de la Semaine Sainte à la chapelle Sixtine au Vatican. Mais rapidement les autorités du Vatican décident, sans doute pour conserver son caractère unique, d’interdire de jouer le Miserere en dehors de la chapelle Sixtine, ni à un autre moment que pendant la Semaine Sainte, et qu’en plus il est désormais interdit de recopier la partition.
Extrait page 242
Lettre de Leopold Mozart,
Le 14 avril 1770
(…) Tu as peut-être déjà entendu parler du célèbre Miserere de Rome, tellement estimé que les musiciens de la chapelle ont l’interdiction, sous peine d’excommunication, de sortir la moindre partie de ce morceau, de le copier ou de le communiquer à quiconque ? Eh bien, nous l’avons déjà. Wolfgang l’é écrit de tête, et nous l’aurions envoyé à Salzbourg avec cette lettre si nous ne devions être présents pour son exécution ; mais la manière dont on l’exécute fait plus que la composition elle-même, et par suite, nous l’apporterons nous-mêmes à la maison. Comme c’est un des secrets de Rome, nous ne voulons pas le confier à des mains étrangères ut non incurremus mediate vel immediate in Censuram Ecclesiae*. (…)
*Pour ne pas encourir, directement ou indirectement, la censure de l’Eglise.