11 août 2012 14:00
 Maurice André est né le 21 Mai 1933 à Rochebelle, faubourg jadis minier de la ville d'Alès, dans le Gard. C'est au cœur des Mines que Maurice André grandit et commence à connaître la trompette car son père en joue dans l'Harmonie des Mines ou la Fanfare d'Alès. Le père de Maurice André joue très souvent et se produit aussi bien dans les bals que dans les kiosques à musique.
1944 : La guerre survient, avec ses dangers et Maurice André est envoyé en Lozère où il va apprendre le solfège durant deux années avant même que de pouvoir toucher à son premier cornet, cadeau de prix, pour un père d'origine modeste. Maurice André fera ses premières armes avec le cornet, instrument pour lequel il reconnaîtra l'aspect très formateur pour son âge. Les progrès du jeune Maurice sont fulgurants. Il commence à se produire aux côtés de son père. C'est M. Barthélémy, professeur au Conservatoire de Nîmes et ancien élève de Merri Franquin, qui dirigera le jeune Maurice André dans ses premières études musicales.
C'est la musique qui passionne, avant toutes choses, notre jeune prodige. Maurice André doit cependant travailler à la Mine, évidemment. Malgré un travail épuisant, il continue à progresser et n'abandonne pas son instrument, bien au contraire. Un grave accident - qui faillit lui coûter la vie - l'oblige à s'arrêter de travailler... mais son cornet, lui, ne le quitte pas.
Le jeune Maurice ANDRE se souvient : "Quelle que soit l'heure où je m'étais couché pour jouer dans un bal, je faisais le lendemain, dès huit heures, mes trois heures de trompette."
La "chance" de sa vie sera celle de pouvoir s'engager dans l'armée. Le 8ème régiment de transmissions recrute des musiciens. Maurice André a 18 ans et il est désormais à Paris. Nous sommes à l'automne 1951. Le trompettiste entre au Conservatoire de la rue de Madrid dans la classe de Raymond Sabarich. Ce dernier est un maître dur, juste, et grand technicien. C'est Sabarich qui oblige Maurice à abandonner sa chère trompette Aubertin pour une Selmer en Ut. A 19 ans, Maurice André obtient le premier prix d'honneur de cornet à pistons. En 1953, il obtient le premier prix de trompette. Sa carrière est lancée. Ce premier prix amorce une ascension irrésistible qui ne s'arrêtera plus.
Notre grand trompettiste entre dans l'orchestre Symphonique de la Société des Conservatoires aux côtés de Louis Menardi.
En Septembre 1953, Maurice est trompette solo des Concerts Lamoureux , cependant, il joue beaucoup et partout (Cirque Medrano, Théâtre Mogador, Night-Club la nouvelle Eve...) Il est ensuite engagé à l'Orchestre philharmonique de la radiodiffusion française, le "Philarcomique", comme on disait alors.
En 1954, il remporte le premier prix du Concours international d'interprétation musicale de Genève. Il va dès lors entreprendre une carrière de soliste et faire redécouvrir au plus large public un répertoire inouï pour l'époque. En effet, c'est lui qui conférera ses lettres de noblesse à la trompette (piccolo, entre autres), jusque-là reléguée dans des fonctions subalternes. Par son travail, sa curiosité insatiable, son génie interprétatif, Maurice André anoblit la trompette.
A 30 ans, alors qu'on l'avait sollicité pour faire partie du jury du Concours international de Munich (ARD), Maurice André - sur le conseil de Roger Delmotte - force le destin et s'inscrit à ce même concours...comme candidat. Et il remporte le premier prix. Maurice André est entré dans la légende et n'en sortira plus. Il enchaîne concerts après concerts et rejoint le grand Adolf Scherbaum dans l'interprétation redoutable du 2ème Brandebourgeois de Johann Sebastian Bach. Ce morceau deviendra son "signe de reconnaissance" avec la Badinerie de la Suite en Sim. Il rencontre les plus grands : Richter, Karajan (prononcez "Karjan", comme Maurice), Münchinger...Toujours avec simplicité et modestie.
Certaines de ces années, le grand trompettiste aura donné jusqu'à 250 concerts.
En 1964, suite au concours Chaban-Delmas, Maurice André est nommé professeur au Conservatoire de Paris où il remplace son cher maître Raymond Sabarich. Là, il est aux côtés de Ludovic Vaillant (successeur d'Eugène Foveau) et de Roger Delmotte. A l'initiative de Maurice André, la Ville de Paris crée son premier concours international (Concours Maurice André). Des élèves de Maurice, on retiendra notamment : Guy Touvron, Bernard Soustrot, Thierry Caens et Jacques Jarmasson.
En 1980, l’émission de Jacques Chancel -le grand échiquier - ouvre ses portes à Maurice André et un très large et jeune public découvre le Maître dans toute la perfection de son art. Le succès de cette émission poussera Chancel à renouveler l'expérience, 8 années plus tard. Maurice acquiert véritablement la célébrité.
La sérénité
A partir du début des années 90, le grand artiste quitte Paris pour le calme du pays Basque. Il vit désormais entre l'océan et la montagne, dans cette simplicité qui lui est propre et peut s'adonner à sa passion pour la sculpture sur bois.
Ses enfants, Béatrice (Hautbois) et Nicolas (Trompette), se sont joints à lui pour constituer un trio familial que l'on a pu entendre par toute l'Europe, pour le plus grand bonheur des mélomanes. Il faut noter une autre participation familliale, plus ancienne, celle du frère de Maurice, Raymond André, trompettiste qui a enregistré notamment le Concerto de Molter (1971, avec J-F Paillard), ainsi que joué en concerts avec Maurice et Nicolas.
Force est de constater que, rarement, tout au long de sa vie, le Maître Maurice André a "fait la plancha" ("faire la planche", signifie se reposer, pour les Alésiens). Il n'a eu de cesse de travailler, de se perfectionner, d' apprendre toujours et encore, de redécouvrir des pans entiers de musiques oubliées ou délaissées, de rencontrer les hommes et de faire vivre la Musique avant tout...L'émotion...Ce sont là les véritables manifestations du génie interprétatif de Maurice André.
Maurice André est décédé dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 Février 2012 à Bayonne, Pyrénées-Atlantiques.
Il avait inscrit ces mots sur une sculpture réalisée en mémoire de son grand ami Jean-Pierre RAMPAL :
"Même si tu n'es plus avec nous, tu es devenu immortel par ton Art, et donc toujours avec nous."
Biographie à retrouver sur le site officiel de Maurice André
|
liens agenda
Retrouvez-nous lundi à 19h au studio 106 de la Maison de Radio France pour le concert "Plaisirs d'amour" avec Denis Pascal, Ingrid et Julie Perruche, Alexandre Vay et Dimitri Papadopoulos, le Quatuor Girard.
enregistrements en publicLe premier lundi du mois à 19h, Studio 106 de la Maison de Radio France
Entrée libre dans la limite des places disponibles. Invitations à retirer 1h avant l'émission, porte B de la Maison de Radio France
|