Les traverses du temps

par Marcel Quillévéré

du lundi au vendredi de 19h08 à 20h

4 janvier 2012 19:08

Pierre Constant metteur en scène

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    Pierre Constant

    Né à Toulouse, Pierre Constant a été élevé par son père dans la passion du théâtre lyrique.
Acrobate, jongleur, funambule, trapéziste, il jouera une pièce écrite pour lui, Sur le fil (Arrabal) au Théâtre de l'Atelier dans une mise en scène de Jorge Lavelli. Parmi d'autres rôles tenus, citons Iago (Othello / Shakespeare) ou le rôle-titre de Richard III (Shakespeare).
En 1974, Pierre Constant crée le Centre Dramatique de la Courneuve orientant sa recherche vers la création d'oeuvres originales, interrogeant la musique et toutes les possibilités du corps et de la voix. Jean-Albert Cartier en 1980 lui confie sa première mise en scène lyrique à l'Opéra de Nancy avec I Masnadieri (Verdi). C'est également à Nancy qu'il met en scène Tosca (Puccini), dont l'approche très personnelle a provoqué des réactions passionnées chez le public comme dans la critique.
Grâce à Gérard Mortier, alors directeur du Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles, Pierre Constant effectue en 1982 sa première mise en scène internationale avec Simon Boccanegra (Verdi), Dès lors les engagements se succèdent dans des répertoires différents et des théâtres de premier plan. Pierre Constant a ainsi mis en scène Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny (Weill) au Théâtre du Châtelet, Werther (Massenet) à l'Opéra de Nantes, au Théâtre des Champs-Elysées et au Teatro de la Zarzuela à Madrid, Le retour d’Hélène (Mikroutsikos) à Athènes, La trilogie Mozart / Da Ponte à l'Atelier Lyrique de Tourcoing, élu par la critique meilleur spectacle de l'année 1995, Manon Lescaut (Puccini) à Nancy, à Caen, à la Fenice de Venise et au Grand Théâtre de Genève, Samsom et Dalila (Saint-Saëns) à la Fenice de Venise, La flûte enchantée (Mozart) au Théâtre des Champs-Élysées… Parmi les plus récentes réalisations de Pierre Constant, citons Qui a peur de Virginia Woolf au Théâtre de l'Oeuvre avec Jean-Pierre Cassel, Péripatos au Palais de la Musique d'Athènes avec Geneviève Page et une nouvelle mise en scène de Cosi Fan Tutte (Mozart) au Festival de Charleston, USA. Il a joué pendant trois mois à la Maison de la Poésie à Paris Le Funambule (Genet).

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    Pierre Constant
    ©DR



On en parle

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    par Marcel Quillévéré

    Le Funambule de Jean Genet, mis en scène par Pierre Constant
    "En 1955, avec sa rencontre d’un jeune acrobate Abdallah Bentaga, Jean Genet sort d’un long tunnel de stérilité, et vit non seulement sa plus belle et plus dramatique histoire d’amour, mais aussi sa période la plus riche pour le théâtre : Le Balcon, Les Nègres, Les Paravents. C’est le temps de sa réflexion magistrale sur les voies de la création. Trois essais majeurs en témoignent : L’Atelier d’Alberto Giacometti, Le Secret de Rembrandt et Le Funambule. Ecrit pour Abdallah, c’est un long poème d’amour, mais aussi son Art Poétique : variations sur une dramaturgie du cirque, du théâtre et de la danse, réflexions sur l’artiste dans le monde, solitude et ambivalence de l’acteur, va-et-vient entre effacement et gloire, ombre et lumière, mal et bien, apparence et réalité, profane et sacré. Tous les thèmes y sont tendus comme le câble d’acier. Abdallah, initié par Jean Genet, le féconde, à son tour du chant le plus pur pour celui qui l’a inspiré. Miroir l’un de l’autre, ils se recréent dans une fascination réciproque, un croisement d’images et de reflets. L’un par l’autre ils s’accomplissent et accomplissent l’œuvre. Le funambule s’est suicidé en 1964 ; il avait 28 ans. Jean Genet en concevra une responsabilité et une douleur qui ne s’effaceront jamais ; les derniers jours de sa vie, il ne parlait que d’Abdallah à ses proches.

    Après vingt années d’attente, un premier essai du passage de l’écrit à la parole dite se fit en 1988 sur le fil. Vingt ans plus tard, retour sur les lieux du « crime », replongée dans la profondeur des mots par une autre approche sans le fil cette fois, radicalement différente. Il est des textes fondateurs pour celui qui les rencontre qui peuvent tracer et éclairer une ligne de vie ; la quête du sens devient alors obsessionnelle, sans espoir de résolution, mais nourrie par l’entêtement de l’amour.

    Imaginons les dernières heures de Jean Genet : dans la chambre-cellule où l’on découvrira son cadavre, il déroule le fil rêvé d’Abdallah, incarnation lumineuse de l’érotisme et de la mort comme acte absolu de création. La solitude et la nuit génèrent le soliloque. Il se parle, il lui parle, il interroge les mystères de leur art et ceux du mouvement entre la naissance et la fin. L’harmonica bat le pouls d’une danse à remonter le temps, rythmée par deux mesures du Requiem de Mozart, « en moins d’une heure, le temps d’une agonie vécue et jouée… » Au matin, ils se sont rejoints dans un corps unique, charnel et spirituel."

    Pierre Constant

    Au édition de L'Amandier : essai sur Jean Genet et la musique : Violon Solo, la musique de Jean Genet.

    ISBN : 978-2-35-516-146-9
    366 pages

    liens :
    @ Violon Solo, la musique de Jean Genet

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    Couverture : Violon Solo, la musique de Jean Genet
    ©Éditions de l'Amandier


programmation musicale

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    GENERIQUE de la Suite Panaméenne de Kurt Weil
    utilisé comme thème de la célèbre chanson Youkali

    Rosemary Hardy, soprano
    Ensemble Modern, direction B K Gruber
    [Album :"Berlin im Licht" LARGO 5114]

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    Claude Nougaro
    Toulouse

    Claude Nougaro
    [Universal Mercury 530 097-2]

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    Don Giovanni : Air d’Elvire ‚ Acte 2 "Mi tradi quell’alma ingrata“

    Véronique Gens
    La Grande Ecurie, direction Jean-Claude Malgoire
    [Auvidis Astrée E 8606]

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    Palestrina
    Nigra Sum (Soy negra , soy bella)

    Capella e Escolania de Montserrat, direction Dom Ireneu Segara
    [Schwann SCHW 3-1796-2]

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    Louis Aubert; René Chalupt
    La Mauvaise Prière

    Damia
    Orchestre Pierre Chagnon (1935)
    [SOL 644]

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    Joaquin Rodrigo
    De los alamos vengo madre

    Mady Mesplé, soprano; Janine Reiss, piano
    [EMI, 50999 095010 2]

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    Leos Janacek
    Jenufa

    Elisabeth Söderström, soprano; Wieslaw Ochmann, ténor
    Wiener Philharmoniker, direction Sir Ch Mackerras

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    Alban Berg
    Wozzeck

    Franz Grundheber; Hildegarde Behrens
    Wiener Phiharmoniker, direction Claudio Abbado
    [DGG 423 587-2]



agenda

Leos Janáček : Jenůfa
Chef d'orchestre : Ondrej Olos
Metteur en scène : Pierre Constant
Décors : Roberto Platé


Opéra de Limoges
Vendredi 20 janvier 2012 à 20 h 30
Dimanche 22 janvier 2012 à 15 h 00

Opéra de Reims
vendredi 3 février 2012 20H30
dimanche 5 février 2012 14H30

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