samedi 6 février 2010
Au coin du feu
« Parmi tous les phénomènes le feu est le seul qui puisse recevoir aussi nettement les deux valorisations contraires : le bien et le mal. Il brille au Paradis. Il brûle à l’Enfer. Il est douceur et torture. Il est cuisine et apocalypse. »
Gaston Bachelard, la Psychanalyse du feu
On dit que jadis Prométhée aurait volé le feu sacré de Zeus pour le donner aux hommes. Quelle idée ! Tout ça, c’était à vrai dire la faute d’Epiméthée : chargé par les dieux de distribuer à chacune des créatures le lot des qualités qu’on lui avait confiées, il n’en avait plus en réserve lorsqu’il a fallu doter les hommes de quelque chose. Leur donner le feu, c’était leur donner la raison et des moyens de transformer le monde.
Mais c’était aussi leur donner le feu sacré, les feux de l’enfer, les feux de l’amour, les feux de la fête, et les feux de forêt ! bref, c’était leur donner le meilleur comme le pire, ce qui détruit et ce qui construit, ce qui menace et ce qui protège.
Les compositeurs aiment ces paradoxes. Wagner cercle de feu la belle Walkyrie Brunehilde pour la protéger des simples mortels, elle qui est déchue de ses droits divins. Bellini en fait un brasier pour purifier Norma de son parjure. Manuel de Falla ou Mendelssohn le célèbrent dans des rituels païens. Reste, tel un Phénix insaisissable et si beau pourtant, l’oiseau de feu de Stravinsky. Venez donc au choix vous réchauffer ou vous brûler. Au coin du feu du blog, bien sûr.
* La semaine prochaine:
Pluie et neige
* générique:
"Caramba encore raté", de Michel de Rudder, extrait de l'album "Soyons modernes", interprété par Combo Belge.
Chez Igloo Production, réf. IGL 085