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Nuit Spéciale Miles Davis, par Franck Bergerot

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Franck Bergerot est rédacteur en chef de Jazz Magazine. Co-auteur avec Arnaud Merlin de L’épopée du jazz (Gallimard/Découvertes), auteur de Le Jazz dans tous ses états (Larousse/Comprendre et reconnaître).

Il a publié en 1996 Miles Davis, introduction à l’histoire du jazz moderne (Le Seuil) et établi la biographie de Miles Davis dans le catalogue de l’exposition We Want Miles qui se tient au Musée de la Cité de la musique jusqu’au 17 janvier.

Tout au long de la nuit du 14 au 15 novembre, il fera réentendre l’œuvre du trompettiste à travers les différentes facettes de son art.



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1h-2h : Miles Davis, un homme de théâtre

Encore Miles ! Pourquoi Miles ? Parce qu’il est plus qu’un instrumentiste. Le son légendaire de sa trompette, la beauté de son geste instrumental, son discours d’improvisateur comme sa direction d’orchestre se distinguent par son sens du drame et de l’atmosphère, cette extra lucidité avec laquelle il saisit une situation pour se l’approprier et tirer le meilleur de ses accompagnateurs par l’énigme, la suggestion et la tension, à la façon des grands hommes de théâtre.

Ecouter la première partie, de 1h à 2h


2h-3h : Miles Davis et le blues

Miles Davis incarna le blues qu’il croisa tout jeune dans les campagnes de l’Arkansas où son grand-père dirigeait une ferme. De famille bourgeoise, élève de la Juilliard School, il entretint cependant des relations complexes avec cette expression de la condition noire, l’abordant sous les formes les plus alambiquées du bebop, retournant à ses racines les plus brutes, en rejetant sa forme lorsqu’elle fut édulcorée par le rock blanc pour en extraire l’essence la plus pure.

Ecouter la deuxième partie, de 2h à 3h

3h-4h : Miles Davis et ses maîtres

Grandi à l’école des trompettistes de Saint-Louis (Charles Creath, Shorty Baker), marqué par ses camarades Clark Terry et Freddy Webster, grandi à l’école du bop (Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Thelonious Monk), cet esprit farouchement indépendant ne cessa de prendre modèle auprès d’Ahmad Jamal, de Jimi Hendrix, de James Brown, de Sly Stone, de Prince.

Ecouter la troisième partie, de 3h à 4h


4h-5h : Miles Davis et l’économie du geste

Parti des thèmes-gymkhanas du bebop, Miles Davis ne cessa d’épurer sa sonorité, sa phrase, ses contextes orchestraux. On observe ainsi sa distance vis-à-vis du piano qu’il fit souvent taire, qu’il supprima même, la façon dont il s’intéressa au jazz modal et dépouilla sa musique des harmonies conventionnelles afin de libérer le pouvoir de la mélodie et de la couleur.

Ecouter la quatrième partie, de 4h à 5h

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5h-6h : Miles Davis à l’avant-garde

Miles Davis n’a cessé d’initier les avant-gardes du jazz sans jamais s’y laisser réduire : pionnier du bop, du cool, du hard bop, du jazz modal, du jazz-rok, du jazz-funk et de l’électro-jazz, il ne s’y rattacha jamais, se rapprochant à l’inverse du free jazz qu’il avait commencé par rejeter. Le jazz contemporain puise toujours, une trentaine d’années plus tard, à la source de son second quintette et de son album “On the Corner”.

Ecouter la cinquième partie, de 5h à 6h


6h-7h : Miles Davis, musicien populaire

Il prêta toujours son attention aux chanteurs, s’inspirant de Frank Sinatra, parrainant Shirley Horn, privilégiant les standards de l’American Songbook des années 50 au milieu des années 60. Après une période d’abstraction mélodique, il revint au milieu des années 80 aux grands tubes de l’époque empruntés à Cindy Lauper, Michael Jackson ou Prince et prêta même sa trompette aux stars du funk et de la musique pop, se rapprochant dans son dernier disque posthume “Doo Bop” du hip hop, la culture du ghetto.

Ecouter la sixième partie, de 6h à 7h



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