Frédéric François Chopin (1810-1849)
biographie
Chopin en 10 formes pour piano
l'atelier du compositeur en video
Chopin et son univers
glossaire
1. Polonaise
Chopin laisse dix-huit polonaises glossaire, qui jalonnent sa vie depuis la première Polonaise en sol mineur de 1817, jusqu’à la Polonaise–fantaisie op. 61 de 1846 et qui reflètent de manière très complète l’évolution du langage de compositeur.

A écouter :
Chopin : Polonaises
Maurizio Pollini
Deutsche Grammophon
2. Valses
Les 14 valses de Chopin, comme les polonaises, furent composées dans différentes périodes de la vie u compositeur. Tantôt virtuoses, tantôt méditatives et expressives, ces pièces courtes ont été souvent destinées aux albums privés de ses élèves. Le rythme de la valse imprègne aussi les grandes œuvres de Chopin comme le 2e Scherzo et les 1ere, 3ème et 4ème ballade.

A écouter :
14 Valses – Barcarolle, Nocturne N°2 op27 - Mazurka N°3 op50
Dinu Lipatti
EMI Classics
3. Etudes
Chopin a consacré une grande partie de sa vie de musicien à l’enseignement, et pour lui la technique pianistique n’était qu’un moyen d’obtenir la meilleure qualité sonore d’un instrument. Dans cette optique-là, il a composé ses 24 études réunies en deux cycles (op. 10 et op.25), dont chacune reprend une ou plusieurs difficultés techniques, travaille la souplesse de la main et du bras, et auxquelles se joigne un travail subtil sur la réalisation sonore et la couleur. Chopin est le premier à faire de l’étude une pièce de concert autonome.
En 1839 il compose trois Nouvelles études pour la Méthode des Méthodes de Fétis et de Moscheles, où figurent aussi les œuvres de Mendelssohn et de Liszt.

A écouter :
Etudes op.10 et op. 25
Maurizio Pollini
Deutsche Grammophon
"Au fil des études", par le pianiste Jean-Frédéric Neuburger
4. Mazurkas
Comme les Polonaises, les mazurkas suivent Chopin tout au long de sa vie. Chopin en laisse une soixantaine, d’une variété rythmique et richesse harmonique stupéfiantes. Berlioz laisse un témoignage sur l’interprétation des mazurkas par le compositeur : "Ses mélodies, toutes imprégnés des formes polonaises, ont quelque chose de naïvement sauvage qui charme et captive par son étrangeté même. [...] Il y a des détails incroyables dans ses mazurkas ; encore a-t-il trouvé le moyen de les rendre doublement intéressants en les exécutant avec le dernier degré de douceur ; au superlatif du piano ; les marteaux effleurant les cordes, tellement qu’on est tenté de s’approcher de l’instrument et prêter l’oreille comme on ferait à un concert de sylphes ou de follets."
Schumann y voit l’expression même du patriotisme de Chopin :
" Si le puissant monarque autocrate du Nord savait quel dangereux ennemi le menace dans les œuvres de Chopin dans les simples mélodies de ses Mazurkas, il en interdirait la musique. Les œuvres de Chopin sont des canons dissimulés sous les fleurs ".
Chopin introduit les mazurkas dans d’autres œuvres qui ne portent pas ce nom. Ecouter par exemple le Finale du Concerto en fa mineur ou le Nocturne op15 N°3 (premier thème).

A écouter :
Mazurkas - Prélude op45
Arturo Benedetti Michelangeli
Deutsche Grammophon
5. Nocturnes
Chopin s’inspire dans ses nocturnes du compositeur irlandais John Field, qui fut le premier à réduire pour le piano seul la ligne mélodique d’une romance, l’idée que met en œuvre également Mendelssohn dans ses Romances sans paroles. Chopin va plus loin dans l’expressivité mélodique proche du bel canto et dans l’invention harmonique que son modèle Field, et c’est notamment grâce à ses nocturnes que Chopin atteint la célébrité dans les salons parisiens. Emilie von Gretsch, son élève de 1842 à 1844, témoigne : " Chopin m’a joué ses quatre nocturnes que je ne connaissais pas encore, quel enchantement ! C’est incroyablement beau. Son jeu est entièrement calqué sur le style vocal de Rubini, de la Malibran, de la Grisi etc., il le dit lui-même. Mais c’est avec une « voix » proprement pianistique qu’il cherche à rendre la manière particulière à chacun de ces artistes... "
Comparez le Nocturne op9 n°2 de 1833 avec l’op55 n°2 de 1844 pour voir l’évolution sur une dizaine d’années.

A écouter :
The Complete Nocturnes And Impromptus
Claudio Arrau
Philips
6. Sonates
Dans ses trois sonates, Chopin part du modèle classique de la forme sonate (avec la variation et le rondo, l’héritage direct du classicisme) pour proposer une vision formelle personnelle, notamment dans les deux les plus abouties, les op. 35 (1839) et op. 58 (1844). La première, op. 4, est une œuvre de jeunesse, alors que les deux postérieures révèlent un Chopin en pleine maturité, et ont été composées pendant sa période la plus féconde, à Nohant. Alors que la Sonate en si bémol mineur op. 35 a profondément choqué ses contemporains par l’audace de son écriture et sa sombre violence, la Sonate en si mineur op. 58 respire la vie et l’énergie.

A écouter :
Martha Argerich plays Chopin
Deutsche Grammophon
7. Ballades
C’est Chopin qui introduit la >ballade dans la musique instrumentale. Il s’agit d’une forme vaste et libre, à caractère narratif. La composition de ses quatre ballades s’étale sur douze ans (1831-1843). Ses contemporains, dont Schumann, y ont cherché une inspiration littéraire, mais Chopin n’a jamais avoué une inspiration littéraire ou poétique directe.

A écouter :
4 Ballades - Barcarolle op60 - Fantasie in F
Krystian Zimerman
Deutsche Grammophon
Interview de la pianiste Shani Diluka autour de Chopin
8. Scherzo
Les quatre scherzi de Chopin n’ont aucun rapport formel direct avec le scherzo de l’époque classique ; forme autonome qu’il crée de toutes pièces, Chopin complexifie la structure et l’enrichit d’un contenu à la fois dramatique et virtuose.
Ses scherzi dépeignent une exaspération concentrée, un désespoir tantôt ironique tantôt hautain, écrira Liszt.

A écouter :
4 Scherzi
Pogorelich
Deutsche Grammophon
9. Impromptus
Les 4 impromptus (1834-1842) de Chopin s’inscrivent dans le courant des pièces courtes et poétiques qui semblent surgir de l’improvisation spontanée du compositeur comme des moments musicaux uniques, et qui marqueront la littérature pianistique du XIXe siècle. Un des interprètes les plus inspirés des Improptus de Chopin, Alfred Cortot, les explique ainsi :...musique qui devrait paraître en quelque sorte naître sous les doigts de l’exécutant.

A écouter :
Préludes - Impromptus - Barcarolle - Berceuse Frédéric Chopin
Alfred Cortot
EMI Classic
10. Préludes
Chopin est l’inventeur du prélude poétique autonome constitué en cycle. Le compositeur a soigneusement choisi le titre pour ce recueil (les 24 préludes opus 28 ont été édités en 1839). Ce titre révèle la double intention de Chopin : une connotation d’improvisation stylisée (qui ne sert plus à introduire une autre œuvre plus structurée), et la référence au Clavier bien tempéré de Bach, son œuvre fétiche, qu’il pratiquait quotidiennement et qu’il emporta avec lui à Majorque, où il travailla et finit le cycle des Préludes.
Habituellement plein d’admiration pour son ami, Schumann est froissé par la nouveauté de l’op. 28 : " em>Ce sont des esquisses, des commencements d’études ou, si l’on veut, des ruines, des plumes d’aigle détachés, de toutes les couleurs sauvagement agencées ".

A écouter :
Préludes
Alexandre Tharaud
Harmonia Mundi
le pianiste Abdel Rhamn El Bacha parle des rapports de Chopin à Bach








