page

Les traverses du temps avec Rafael Puyana, légende du clavecin


illustration
Suite à la disparition du claveciniste Rafael Puyana le 1er mars dernier, nous revenons sur le récit de sa vie que le musicien a raconté dans les Traverses du temps il y a moins d'un an.

Premier claveciniste latino-américain de renom, le Colombien Rafael Puyana se souvient, enfant, d’avoir écouté Wanda Landowska dans le Concerto champêtre de Francis Poulenc. Depuis ce jeune claviériste n’a qu’un seul objectif : s’approcher de cette légende vivante et travailler avec elle. Ses voyages le mènent d’abord à Boston, où il étudie le piano (1949), puis à partir de 1951 à Lakeville (Connecticut), où il rejoint enfin la classe de Landowska.

Rafael Puyana et le clavecin à trois claviers Hieronymus Albrecht Hass (Hambourg, 1740), Collection Rafael Puyana@Rafael Puyana

Il s’impose rapidement comme son plus grand disciple. Suivent les débuts en Europe et les études avec Nadia Boulanger à Paris, un demi-siècle d’une carrière d’interprète et des rencontres artistiques passionnantes que racontera Rafael Puyana à Marcel Quillévéré au cours d’une semaine spéciale des Traverses du temps.



Premier épisode : Paris (printemps 2012) et Bogotá (années 1940)

Entendre Rafael Puyana, chez lui, interpréter Scarlatti sur le clavecin à trois claviers de Hieronimus Albrecht Hass (1740) qu’il a sauvé de l’oubli, nous transporte aussitôt dans le monde hispanique. "Si ce clavecin n'était pas tombé dans mes mains, il n'aurait jamais parlé" dit-il.

C’est à Bogotá, dans les Andes colombiennes, qu’est née sa passion pour le clavecin. Un livre et un disque (Haydn par Wanda Landowska) décideront à jamais de sa vocation. Il veut rencontrer Wanda et s’envole pour les États-Unis.


illustration
Rafael Puyana avec Alberto Ginastera@Rafael Puyana


Deuxième épisode : les États-Unis

Il étudie d’abord à l’Université et au Conservatoire de Boston et découvre un jour Wanda sur la scène du Carnegie Hall de New York. Commencent alors sept années d’études à Lakeville dans le Connecticut. Des années d’apprentissage inoubliables.


illustration
Rafael Puyana avec Andrés Segovia, Julian Orbon et Olga Coelho / Rafael Puyana le roi David (symbole de la musique) devant la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle /
Andrés Segovia et Rafael Puyana devant la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle@Rafael Puyana



Troisième épisode : New York - Paris - Espagne

Il habite l'Upper East Side dans le même immeuble qu’Andrés Segovia et sa compagne, la chanteuse brésilienne Olga Coelho. Une vie de bohême qu’il raconte avec gourmandise. Une galerie de portraits : Horowitz, Zabaleta, Ginastera, Villa-Lobos et même, au détour d’une conversation, son compatriote García Márquez. Puis c’est le départ vers l’Europe.




Quatrième épisode : Paris, l’Espagne et la musique anglaise I

Rafael Puyana se rend chaque année depuis Paris au festival et à l’Académie de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il y retrouve Segovia et joue avec lui. Une halte en Castille et un tablado flamenco : il travaille avec passion le Fandango du Padre Soler qui va le rendre célèbre dans le monde entier.

illustration
Julian Orbon au clavecin chez Rafael Puyana à New York@Rafael Puyana

Cinquième épisode : Paris, l’Espagne et la musique anglaise II

Puyana devient l’un des meilleurs interprètes du Concerto pour clavecin de Manuel de Falla qu’il a travaillé avec sa dédicataire, Wanda Landowska, son maître. Elle lui raconte l’épisode de Grenade où Falla a une véritable révélation en l’écoutant au clavecin. Puis c’est l’évocation de son ami, le compositeur hispano-cubain Julian Orbon qui lui chantait « sa » Guantanamera lors de son exil new-yorkais !
Et, enfin, c’est sur sa passion pour la musique anglaise de la Renaissance que s’achève cette série, non sans qu’il ait évoqué à nouveau son hacienda de Soacha en Colombie où la nuit il jouait le « Bonne Nuit » de John Bull face à la savane des Andes.