Alexis Weissenberg
Pianiste français d’origine bulgare
Né le 26 juillet 1929 à Sofia et mort le 8 janvier 2012 à Lugano
Alexis Weissenberg Bach Jesus que ma joie demeure par richardvallouise
La musique, c'est de l'énergie pure qui pénètre votre oreille et vous êtes toute de suite habités par les sons qui ne peuvent que régénérer votre être. D’ailleurs, les gens qui aiment la musique se sentent beaucoup mieux après un concert.
Après plus de trois décennies d’une carrière époustouflante au sommet même de l’art pianistique, il s’était progressivement retiré de la scène, pour revenir encore occasionnellement le temps d’un concert ou d’un master class. La maladie fut à l’origine de cette retraite forcée, cette même maladie qui l’a emporté le 8 janvier 2012 à l’âge de 82 ans. Alexis Weissenberg, pianiste français d’origine bulgare, est décédé en Suisse après une longue lutte contre la maladie de Parkinson.
Pourtant, il fut une époque où ce pianiste donnait jusqu’à 100 concerts par an, sur les quatre coins de la planète, aux côtés des plus grands : il appartenait à la génération inspirée d’un Gould, d’un Goulda ou d’un Brendel, et depuis l’envol de sa carrière dans les années 1950 il ne côtoyait que du beau monde : Ormandy, Ozawa, Giulini, Celibidache, Maazel, Sinopoli, Steinberg, Szell, Abbado, Bernstein, Prêtre, Georg Solti et, bien évidemment, Karajan côté chefs, Orchestre de Philadelphie et de Chicago côté fosse, comme en témoignent certains de ses enregistrements devenus légendaires. Doté d’un caractère bien trempé, extrêmement cultivé et curieux, l’homme était passionnant : alors que ses détracteurs reprochaient à son jeu, posé et minutieusement sculpté, un manque d’investissement, de nombreuses interviews qu’il a accordées aux médias tout au long de sa carrière dévoilent un homme qui avait un rapport viscéral à son art.
Une maturité précoce
S’il se refusait de parler d’un talent précoce, Alexis Weissenberg a quand même baigné dans la musique depuis son enfance à Sofia : né dans une famille des mélomanes en 1929, il assistait depuis tout jeune aux concerts de musique de chambre familiaux, et sa mère fut la première à l’initier à la musique dès l’âge de 4 ans. Le départ forcé de Sofia pour la Turquie, l’Israël et finalement, les Etats-Unis fut le déclencheur de la carrière internationale du jeune pianiste. Inscrit à la Julliard School, il travaille avec Wanda Landowska et Arthur Schnabel, et à l’âge de 17 ans remporte le Concours Leventritt et l’audition pour L’orchestre de Philadelphie d’Ormandy. Les dés furent lancés.
J’étais incrédule, très joyeux bien sur, mais considérant quand même que c’était peut être arrivé un peu trop vite.
Après ce succès fulgurant et les tournées qui s’en suivirent, Alexis Weissenberg choisit de se retirer de la scène pendant une dizaine d’années. Il revient en triomphe à New York et à Paris en 1966, et enchaine les concerts et les enregistrements : Chopin, Bach et de nombreuses pages romantiques lui valent la renommée d’un des meilleurs pianistes de son temps. Karajan l’invite à réaliser une série d’enregistrements avec lui, dont une intégrale des Concertos de Beethoven et le Concerto en si bémol de Tchaïkovski, devant le Philharmonique de Berlin. Une rencontre devenue l’amitié d’une vie.
Une passion du partage
La raison principale de jouer d’un instrument pour moi, c’est d’atteindre l’autre.
Après un bref passage par la composition, dans les années 1980, Alexis Weissenberg a signé notamment une Sonate en état de Jazz, ainsi qu'une comédie musicale en 1979, La Fugue, l’artiste, qui croyait au pouvoir fédérateur de la musique et aimait transmettre sa passion, s’est consacré à l’enseignement dans le cadre des master classes qu’il donnait régulièrement à Engelberg, mais également à Salzburg, Harvard, Boston et Chicago. Cédric Tiberghien fut parmi ses disciples de la jeune génération.
Je ne pense absolument pas qu’il faille jouer pour les "conoscienti", pour les connaisseurs de la musique, parce que ce sont eux parfois qui sont les plus dangereux et qui ont les gouts les plus limités. Moi je joue pour un public vaste. La sensibilité du public n’est surement pas basée sur les connaissances, il y a un instinct musical et c’est pour cela qu’il y a des publics dans le monde entier, des gens ouverts à cette canalisation d’énergie qui est en fait la musique.

















