Gustav Mahler

compositeur autrichien

né à Kaliste (Bohème) le 7 juillet 1860


décédé à Vienne le 18 mai 1911


« Je suis 3 fois apatride, Bohémien parmi les Autrichiens, Autrichiens parmi les Allemands, juif parmi tous les peuples du monde » Cette phrase résume le déracinement de Gustav Mahler. Elle illustre sa fuite permanente à travers les nombreux postes qu’il occupe successivement en Europe Centrale et en Autriche, et qui ne parviennent pas à satisfaire sa soif de perfection. Il a été l’un des plus grands chefs d’orchestre de son époque, mais un chef autoritaire, très exigeant. Ses relations avec les administrations musicales et parfois les musiciens ont presque toujours été conflictuelles, l’obligeant à écourter ses contrats et à multiplier les déplacements. Cela dit, c’est en tant que compositeur qu’il est parvenu jusqu’à nous, le plus grand compositeur post-romantique selon certains. Ses œuvres sont le fruit d’une longue gestation – parfois plusieurs années – due à leurs proportions monumentales certes, mais aussi au fait qu’il ne composait que pendant ses congés !


Origines : un enfant de Bohème

Gustav Mahler est issu d’une famille juive dans un milieu modeste. Ses parents Bernard et Marie sont aubergistes. Second d’une fratrie de 14 enfants dont 8 mourront en bas âge, il passe son enfance à Jihlava en Moravie. Sa langue maternelle est le tchèque. Il commence la musique à l’âge de 6 ans, et s’y réfugie, fuyant ainsi les violences conjugales de ses parents.
1875 Gustav Mahler entre au Conservatoire de Vienne, dans les classes de piano de Julius Epstein, harmonie de Robert Fuchs et composition de Franz Krenn. Son caractère autoritaire commence déjà à s’affirmer.
1877 Il enrichit sa culture par des cours d’histoire et de philosophie, assiste aux conférences d’Anton Bruckner et sort du Conservatoire avec les Prix d’Interprétation et de Composition. Les trois années passées à Vienne sont décisives. La jeunesse musicale viennoise est en ébullition. Deux clans s’affrontent : les « néoclassiques » menés par Johannes Brahms qui prônent la tradition beethovenienne, et les « progressistes » initiés par Richard Wagner au renouveau musical germanique. Gustav Mahler se joint à ceux-là. Il se lie d’amitié avec des poètes, et avec le musicien Hugo Wolff. Enfin, face au génie pianistique d’Anton Rubinstein et de Franz Liszt, il s’éloigne du piano et décide de se consacrer à l’orchestre.

1880 - 1896 Débuts de carrière

Au cours de ces années, Gustav Mahler va apprendre son métier de chef d’orchestre et de directeur musical, tant dans le domaine symphonique que lyrique.

1880
Gustav Mahler signe son premier contrat de chef d’orchestre au théâtre d’opérette de Hall (Autriche). Il y dirige dans de mauvaises conditions des opérettes devant un public peu connaisseur. La même année, il compose Das Klagende Lied qui devient son « opus 1 » après la destruction de ses œuvres de jeunesse (un quintette avec piano et 3 opéras inachevés).

L’œuvre comporte déjà ce qui caractérisera l’écriture mahlérienne : rythmes de marche, fanfares légères et majestueuses, chocs harmoniques.

Il la présente au concours Beethoven, mais n’obtient aucune distinction. Cet échec le pousse à se consacrer à sa carrière de chef d’orchestre.
1881 Il dirige à Ljubljana , à Olmütz puis à Vienne.
1883 Gustav Mahler devient second Kapellmeister à l’Opéra de Kassel (Allemagne) et trouve là une véritable institution musicale avec des musiciens professionnels et des chanteurs de qualité. Mais son caractère autoritaire et intransigeant commence à le desservir. Ses relations avec l’administration de l’Opéra se dégradent. Cela ne l’empêche pas de tomber amoureux d’une jeune soprano de la troupe, Johanna Richter, à qui il dédiera en 1884 les Lieder eines fahrenden Gesellen avec orchestre, qu’il vient de composer. Au cours de cette période, il rencontre Hans von Bülow qu’il admire.

illustration : Opéra de Prague - intérieur

1885 Gustav Mahler quitte Kassel. L’opéra de Prague lui propose de venir diriger des représentations de Mozart, Gluck, Beethoven et Wagner avec des moyens conséquents. Mais là aussi, les relations avec le directeur se dégradent rapidement.
1886 Le directeur du théâtre de Leipzig l’engage mais comme second chef (encore !), dans l’ombre du grand Arthur Nikisch. Il y dirige malgré tout la "Tétralogie" de Richard Wagner. Franz von Weber lui propose d’achever la partition des Drei Pintos, opéra inachevé de son grand-père Carl Maria (von Weber). Mahler fait enfin parler de lui comme compositeur. Cela aurait été un triomphe s’il n’était pas tombé amoureux de la femme de Franz von Weber. Le scandale est évité de justesse.
1887 Il rencontre Richard Strauss.

illustration : Opéra de Budapest

1888
Gustav Mahler est nommé pour 10 ans directeur musical de l’Opéra Royal de Budapest. Enfin, il devient premier chef, obtient un salaire confortable et de nombreux congés qui vont lui permettre de composer. Il a pour mission de relancer ce théâtre et dispose pour cela des pleins pouvoirs artistiques.
1889 Le succès des premières représentations le pousse à diriger sa 1ère symphonie « Titan » qu’il vient de composer. L’échec est retentissant. On lui reproche notamment ses arguments extramusicaux. La même année, il perd sa mère et une de ses sœurs.
1891 Gustav Mahler prend la tête de l’Opéra de Hambourg. Aux bonnes conditions salariales s’ajoutent enfin un niveau musical de qualité. Mais les saisons sont très fournies en productions et Gustav Mahler ne remplit pas toujours ses obligations mondaines. Ses relations avec le directeur du théâtre vont là encore, se dégrader progressivement au fil des ans.
A partir de 1893, il se retire quand il le peut dans un cabanon qu’il a fait construire à Steinbach (Autriche) pour composer.
1894 Gustav Mahler compose sa 2ème symphonie « Résurrection », et dont la création l’année suivante, lui apporte en fin la reconnaissance de ses pairs. L’influence de Bruckner et de Berlioz est évidente, et l’architecture de la 9ème symphonie de Beethoven plane sur l’œuvre.
1895
Il compose ses Knaben Wunderhorn Lieder.

1896 Il compose sa 3ème symphonie. Elle répond à sa définition : «Le mot symphonie signifie bâtir un monde avec tous les moyens existants ». Le tout jeune Bruno Walter vient en écouter des extraits. La création en 1902 sera un succès.


repères historiques

Dossier sur la musique postromantique au pays germaniques



• 1862 Naissance de Debussy
• 1865 Wagner : Tristan et Isolde à Munich
• 1871 Aida de Verdi au Caire (Canal de Suez)
• 1876 Inauguration de Bayreuth: première de la Tétralogie du Ring de Wagner
• 1883 mort de Wagner
• 1886 mort de Liszt
• 1889 Don Juan de Richard Strauss à Weimar
• 1890 Cavaleria Rusticana de Mascagni à Rome
• 1893 Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak à New York
• 1894 l'Après -midi d'un faune de Debussy à Paris
• 1896 Till Eulenspiegel de Strauss
• 1899 Scott Joplin compose son Maple Leaf rag
• 1900 Puccini : Tosca à Rome
• 1907 Poème de l'extase de Scriabine
• 1911 Manifeste des musiciens futuristes de F.B. Pratella

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